Dossier

DOSSIER – RETOUR SUR MA PERFORMANCE: L’ÉMANCIPATION DE MON ALTER EGO

Depuis la récente édition de ma levée de fonds qui s’est tenue 15 juin dernier, il y a un élément relatif à ma performance qui m’obsède. C’était pourtant la 4ème fois que je prenais les traits de mon alter ego, Ludivine Grey. J’avais beaucoup appréhender mon look et le numéro que j’allais faire. Les dernières performances que j’ai faites étaient en mon sens trop statiques. J’avais l’impression qu’en optant pour un muméro plus sensuel, ça me permettrait d’en faire plus. Cela faisait déjà un certain moment que mon choix de costume était fait, mais rien n’est plus concret que lorsqu’on le revêt avec la coiffure et le maquillage. Je me suis toujours considéré comme quelqu’un de pudique. Après m’être regardé dans le miroir une fois ma transformation complétée, on aurait dit que je n’assumais plus les choix que j’avais fait. Mon costume révélait beaucoup de mon intimité que je ne voulais soudainement plus exposer. Pourtant, l’un des éléments qui me freine le plus dans ma pudeur était rasé, je n’avais plus de pilosité. Pourtant, sous les traits de Ludivine Grey, j’avais l’impression de ne pas m’assumer suffisament comme si quelque chose me retenait encore. J’ai voulu à travers un article plus intimiste explorer ce filon en revenant sur ma dernière expérience. Les lignes qui suivent seveulent davantage une réflexion qu’une observation concrète.

 

Le fait d’avoir fait ma performance avec l’un de mes meilleurs amis et sans doute mon plus fidèle complice des dernières années m’a grandement réconforté dans mon insécurité. Après avoir pris connaissance de la vidéo de ma performance, je me suis aperçu de l’inconfort que je vivais (sans doute moins grand que celui que mon ami allait vivre queleques instants plus tard). À un certain moment, il y a eu un déclic. Je savais que le public qui était dans la salle était en majeure parfie des amis. Des amis de longue date pour la plupart. Des amis qui m’ont suivi malgré qui j’étais et les choix que j’ai pu faire. Des amis qui ont accepté mon homosexualité comme ils ont accepté de me voir personnifier mon alter ego. Alors que Rita avait oublié un instant mon de scène, toute la salle lui a rappelé en coeur. Suite à cette prise de conscience, je ne pouvait pas décevoir. Elle m’aura servi à déstabiliser mon ami en lui enlevant son chandail sur scène. J’ai senti que Ludivine cherchait à s’émanciper.

Après ma performance, je suis allé rejoindre mes amis dans la salle afin de profiter du reste de la soirée à leurs côtés. Je me souviens exactement du sentiment de fierté que j’éprouvais à ce moment-là. La réaction de mes amis ne pouvait que me donner davantage de confiance. Tout cet enthousiasme nourrissait un désir d’en offrir plus à mon alter ego. Je me suis senti en symbiose avec Ludivine. J’avais compris que la personne que les gens scandaient n’étaient pas moi, mais bien Ludivine, même si l’événement servait à souligner mon travail. J’ai donc connecté avec ma féminité afin de rendre justice au look qu’arborait Ludivine ce soir-là. Ma pudeur s’était refoulée. Je voulais être belle. Je savais que si je me résorbais derrière ma pudeur, Ludivine ne pourrait jamais grandir. À l’aube d’un projet qui me mènera vers YouTube, j’avais besoin de cette prise de conscience. On reproche à tort tous ceux qui défendent un personnage plus sexualisé, exhibitionniste, trash et autre, mais cela ne se fait jamais sans sacrifice. Il y a tout un cheminement qui précède cet aboutissement. Il ne faut pas l’oublier. Il faut s’avoir s’oublier soi et garder à l’esprit que le personnage qu’on met de l’avant est une extansion de soi, un fantasme idéalisé de ce que nous voudrions être peut-être, mais il demeure tout de même à une certaine distance de ce que nous sommes. Au final, ce que je peux affirmer, c’est que Ludivine Grey est officiellement née. Rita m’a mis au défi pour l’an prochain: chanson en anglais avec 4 danseurs. Je serai prêt!!

DOSSIER – LES DÉBUTS DANS LE MÉTIER AVEC 3 COUPS DE COEUR DE MX FIERTÉ CANADA PRIDE

 

Comme chaque personne est unique, il est utopique de penser qu’avec cet article, j’ai la prétention de déternir la vérité aboslue. Je m’intéresse véritablement au métier de drag-queen et je le respecte à titre d’art de la scène. Depuis les dernières années, il y a un foisonnement de l’offre. Pour un jeune artiste qui émerge et qui cherche à s’exprimer, comme le souligne Adriana, il doit véritablement se poser la question à savoir s’il a quelque chose de plus à apporter à cet art. Dans cet optique, chaque parcours devient intéressant. Un artiste de la notoriété de Michel Dorion, Nana de Grèce, Rita Baga, Tracy Trash, Miss Butterfly, Barbada et autres drag-queens de cet acabit n’est pas issu d’un moule duquel résulte des artistes préfabriqués. Il y a eu l’étincelle, comme un appel artistique, puis les années ont façonnées le personnage, le style et ce dont on cherche à défendre comme personnalité. Le coucours mis sur pied par Rita Baga, MX Fierté Canada Pride, a été le bassin d’une variété d’artistes de tous les horizons. C’est à travers ce concours que j’ai découvert une nouvelle génération d’artistes inspirée et inspirante. C’est donc avec trois de mes coups de coeur issu de ce concours, Adriana, Krystela Fame et Ruby Doll, que j’ai voulu aborder les motifs qui poussent une drag-queen à joindre le métier.

Avant de m’intéresser à ce sujet, je croyais que les drag-queens avaient pour la plupart un bagage scénique derrière elle. Hors, parmi nos trois protagonistes, seule Krystela a véritablement une expérience concrète alors qu’elle cumule des annés d’expériences tant en théâtre qu’en chant. Toutefois, l’art s’exprime sous différentes formes. Le métier premier de Ruby Doll se situe en couture. Il y a dans ce domaine une expertise qui lui permet d’aborder le métier de drag-queen autrement. Pour Ruby, il est important que ce qu’elle offre lors d’une prestation soit une conception complète car sa vision du métier de drag-queen se rattache à l’artisanat, donc qui est fait à la main. On peut donc en déduire que ce qui jalonne sa proposition comme artiste relève de cet aspect. Elle place l’esthétisme avant tout, ce qu’elle cherche à projeter.

Lorsqu’on reste collé ce ce qui se fait couramment, on finit par ne plus s’y retrouver. C’est ce qui est arrivé à Adriana. Après avoir dansé pour plusieurs drag-queens au bar Le Drague de Québec, Adriana a finit par développer ses propres idées. Malheureusement, celles-ci semblaient incomprises par ses collègues car elles ne correspondaient pas à leur style. Dans le cadre d’un projet au collège, Adriana avait mandaté sa future mère drag, Stivy, afin de lui faire un maquillage. Il y eût une révélation à ce moment pour Adriana qui s’est aperçu que son visage en femme lui offrait une perspective différente. C’est à ce moment que s’est entamé son processus créatif alors qu’elle s’est mise à mixer ses concepts à sa nouvelle allure.

Ce qui unit Adriana, Krystela et Ruby est certainement que leur début de carrière comme drag-queen a débuté parcequ’elles fréquentaient les bar. Krystela a opté à un certain moment dans sa vie pour une réorientation de carrière qui l’a considérablement éloignée de la scène. Lorsqu’elle est arrivé à Montréal, elle s’est trouvé des emplois dans des bars et des restaurants. C’est lorsqu’elle fut engagée au Sky qu’elle fit la connaissance notamment de sa future mère drag, Emma Dejavu, Miss Butterfly, Franky Dee, Destiny et autres. En les côtoyant sur une base régulière, l’idée d’essayer le métier de drag-queen lui a traverser l’esprit sans jamais véritablement se concrétiser jusqu’à ce que l’appel de la scène ne face écho. C’est alors que s’est présenté le concours Miss Cocktail à l’hiver 2016 pour lequel est fut grandement appuyée par sa collègue et amie Emma Dejavu. Ce ne fut pas nécessairement l’expérience à laquelle elle s’attendait. Néanmoins, elle eut beaucoup de soutient de ses consoeurs qu’elle a rencontré au Sky qui l’a mené jusqu’à Drag-moi l’automne suivant. Lorsque Ruby vivait en France, elle se travestissait. C’est un héritage qu’elle a conservé au moment de déveloper son alter ego alors qu’elle était employée au Unity. Ce n’est que lors de son passage à Drag-moi que son personnage s’est véritablement défini. Elle y a découvert son style. Pour sa part, Adriana est issue d’une famille très religieuse. Il faut dire qu’elle est originaire de la Colombie. Il y avait tout un défi qui l’attendait ici, au-delà sa carrière comme drag-queen. C’est lorsqu’elle fréquentait le bar Le Drague qu’elle s’est fait ses premiers contacts pour être danseuse. L’illumination pour le métier lui est néanmoins venu dès qu’elle est entré dans les loges pour la première fois et qu’elle a pu y découvrir l’enver du décors. C’est comme si, tout d’un coup, elle voyait toutes les facettes artistiques du métier qui était très loin du peu qu’elle connaisait et qu’on lui lui avait présenté comme étant beaucoup plus trash.

Bref, je crois que peu importe le milieu duquel la drag-queen provient ou les raisons qui la motivent à excercer ce métier, il ne faut jamais oublier que faire la différence est la clé. Adriana le souligne très bien  » Il y a beaucoup d’artistes dans le milieu et beaucoup de choses ont déjà été faites, donc il est très difficile de se faire remarquer « . J’ai la conviction que lorsqu’une personnage prend la décision de plonger dans ce mérier, elle le fait pour les bonnes raisons. C’est un domaine qui demande une telle part d’investissement qu’on y repense à deux fois avant d’y aller. La proposition artistique actuelle dans le milieu est particulièrement riche. Si ces artistes foulent encore les planches aujourd’hui, c’est qu’ils ont quelque chose à vous offrir et il n’y a rien comme aller sur place pour l’apprécier. À ce propos, Adriana sera du spectacle Drag superstar animé par Rita Baga et Barbada le jeudi 17 août au parc des Faubourgs alors que Krystela Fame sera du spectacle Illusions orchestré par Michel Dorion le samedi 19 août au même endroit dans le cadre de Fierté Canada 2017.

 

 

HORS SÉRIE | DOSIER – ÉRICA: UNE DERNIÈRE FOIS

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Dans le cadre d’un spectacle intimiste présenté le samedi 29 avril au bar Le Cocktail, Érica s’est livré à un dernier spectacle avant une pause d’une durée indéterminée. Le spectacle était la supplémentaire de Divas and some other songs d’Annie Lennox qu’elle avait présenté une première fois au mois d’octobre dernier au même endroit. En raison de problèmes techniques, le résultat n’était pas aussi concluant que ce qui avait été anticipé. La version présentée hier était celle revue et corrigée. À l’aube de cette pause, Érica m’a permis une incursion dans les coulisses de cette production empreinte de nostalgie et d’émotions. Je vous invite à revivre avec moi ce dernier tour de piste en compagnie d’Érica et de son complice des quinze dernières années, son grand ami Dan.

Plaçons d’abord le spectacle dans son contexte. En fait, Divas fait référence à l’album du même nom de la chanteuse Annie Lennox. Il s’agit l’album le plus important de sa carrière solo en tant qu’auteurs-compositrice-interprète. L’intitulé and some other songs fait écho aux grandes chansons d’Annie Lennox figurant sur ses autres albums. Comme il ne s’agissait pas d’un spectacle où l’on y retrouvait que les grands succès de l’artiste, il fallait trouver une façon de garder le public accroché à la proposition. Pour y arriver, Érica sait qu’il n’y a rien comme un travail d’équipe. Elle a su bien s’entourer.

Le spectacle a été pensé en fonction de créer des images fortes pour supporter les chanson grâce à l’enrobage composé des costumes, de l’éclairage et du décor. Le tout, dans l’intérêt de susciter des émotions chez le spectateur. Il y avait une montée émotive dans le choix de chansons. Érica a misé gros pour les effets techniques. Les effets de lumière apportaient beaucoup à la composition du spectacle, devenant indisosiable de chaque chanson.

Le spectacle a été articulé autour de la force d’Érica, c’est-à-dire son soucis du détail, sa minutie et sa manière d’être à point. Ce spectacle culminait de belle façon sur tout ce qu’on aime d’Érica. Comme disait Dan, le complice d’Érica, il s’agit « d’un gros point d’exclammation à la fin d’un livre ». L’épisode d’hier soir couronnait tout l’apprentissage de près 20 ans carrière. C’était un spectacle mure et digne de toute grande production, à l’image de la diva qu’elle incarnait.

L’univers qui fut mis en scène hier n’aurait jamais été tel sans l’apport incroyable de Dan. Il est non seulement un fan incontesté d’Annie Lennox, mais il l’est surtout de son ami de longue date. La confiance qui règne entre les deux artistes est palpable. Leur savoir-faire aura parmis de faire cheminer le concept encore plus loin, de leur première collaboration sur le premier spectacle d’Érica consacré à Annie Lennox en 2014 jusqu’à celui-ci. Dans un contexte aussi intime entre deux collaborateurs, à l’aube d’une longue pause, il faut avouer que la journée d’hier était particulièrement émotive.

En tant que public, on ne connaît qu’Érica comme artiste. L’homme derrière le personnage, après avoir mené un train de vie assez intense ces dernières années, a intérêt à retrouver davantage sa place dans leur vie de tous les jours. Cette pause saura nous dire avec le temps lequel des deux partis aura su en bénificer. Ce que je peux souligner de la profilique carrière d’Érica est sa rigueur artisitique. Je tiens à la remercier pour son temps et son dévouement. Cet article témoigne d’une 5e collaboration d’Érica à mon blog. Merci pour ton temps et ces beaux moments offerts, notamment hier, pour ta dernière, mais aussi cette rencontre merveilleuse avec la comédienne Joelle Lanctôt alias Mary Poppins.

DOSSIER – LES DÉFIS LIÉS À LA « DIFFÉRENCE »

Le débat autour des trolls a enflammé l’actualité ces dernières semaines. On mettait de l’avant les commentaires disgracieux que ceux-ci pouvaient loger à l’endroit de la gente féminine sur une variété de propos tels que le poid, la beauté, l’origine ethnique et j’en passe. Évoluer devant les caméras n’est pas facile. Hommes et femmes sont confrontés à la pression qu’impose le monde médiatique. À l’ère des médias sociaux, lorsqu’on est moindrement différent de ce que la « norme » impose, on se ne gêne plus pour nous le faire savoir. Il est évident que chaque individu qui accepte de se tailler une place dans ce milieu connaît son casting et a accepté sa condition si la manière dont il se présente n’est pas dans la dite norme. Malgré un milieu prônant l’acceptation, la communauté LGBTQ se révèle elle aussi très sévère avec elle-même. Ainsi, elle devient vicitime de ses stéréotypes. Elle attend de ses représentants les mêmes standards idéalisés. Le milieu des drag-queens devient donc, dans cette optique, le reflet à petite échelle du monde médiatique au sein de cette communauté. Certaines drag-queens sont « différentes » si on les compare à la majorité. Cela impose malgré elles des défis artistiques intimement liés à leur « différence » propre. Trois drag-queens ont accepté de partager leur expérience face à ce qu’elles vivent: Barbada, une drag-queen ethnique, Gabry Elle, une drag-queen taille forte, ainsi que Velma Jones, une femme qui joue la femme dans un milieu d’hommes.

Gabry Elle le souligne d’entrée de jeu, dès qu’elle a joint le milieu des drag-queens, elle connaissait son casting. Elle a étudié en comédie musicale à Toronto. Le premier rôle qu’elle a eu a été le personnage d’Edna Turnblad, la mère du personnage principal dans Hairspray. Depuis sa première incarnation au grand par Divine, le personnage à toujours été représenté dans ses diverse adaptations avec des rondeurs. Sa carrière de drag-queen est d’ailleurs né en marge de cette production puisqu’elle devait se transformer en femme à tous les soirs. Cela lui a permis dès ses premières performances d’apprivoiser son corps. Quand ton premier rôle t’impose de défendre un personnage en chair, tu ne peux plus te permettre de douter de toi-même. Barbada a connu un début de carrière similaire. Au cours de la compétition Star search, elle a eu l’occasion de côtoyer une panoplie d’artistes du monde la nuit. Elle savait qu’en se lançant dans ce milieu, elle ne représenterait pas une majorité. Elle ne s’est toutefois jamais arrêté à son origine ethnique dans ses choix de numéros. Chacune d’entre elle a su utiliser sa « différence » comme un atout. Barbada est une artiste curieuse qui essaie de connaître un produit au-delà de sa version la plus connue. Par exemple, lorsqu’elle s’attaque à la chanson Vogue de Madonna, elle sait que même si l’artiste n’est pas de sa nationalité, la chanson en question fait référence au voguing qui est né de la communauté noire et latine dans les années 1970s à New-York. Elle se rapporte donc au propos pour s’approprier la chanson. Certains vont plus loin que l’ethnie parfois chez un artiste, quelle que soit son art d’expression, en dénonçant l’appropriation culturel par cet artiste. Barbada défend l’idée selon laquelle il faut plutôt le voir comme un hommage. C’est exactement ce que Madonna a fait en chantant Vogue. Parfois, par ignorance, les gens sombrent dans les préjugés.

Ces préjugés, Gabry Elle en est témoin continuellement. Elle sait ce que le fait d’avoir des rondeur évoque à première vue. Elle essaie donc de les contourner en proposant des numéros qui surprennent. Elle se connaît très bien. Elle sait que sa forme lui permet d’orchestré des chorégraphies surprenantes. Elle utilise d’ailleurs sa tribune pour dénoncer. Elle a offert dernièrement un spectacle intitulé XXelles dans lequel elle partage la scène avec deux consoeurs aux mêmes attributs. Le spectateur qui décide de se présenter au spectacle accepte la proposition, il ne peut pas passer toute la durée du spectacle à surfer sur des préjugés. Là où les préjugés peuvent être parfois plus difficiles à contourner est lorsqu’on est une femme drag-queen. Le phénomène est relativement nouveau, même si la première représentante du mouvement est Mimi Fontaine qui a gagné il y a 7 ans la première édition de Drag-moi. Les précédents sont peu nombreux, tant pour le milieu que pour les spectateurs. La pression devient alors assez imposante pour une drag-queen femme. Velma Jones, la plus récente gagnante de Drag-moi, doit composer quotidiennement avec cette réalité. Il faut dire que l’augmentation du nombre de drag-queens qui se révèlent comme transexuelle aident à la cause. Néanmoins, en tant que femme, Velma ne peut pas aborder son personnage comme un homme aborderait le sien. Si on se réfère au début de l’article, les gens ont des préjugés naturellemenf face aux femmes. Si le personnage de Velma Jones se rapportait trop à ses préjugés, elle donnerait l’impression de ne pas jouer de personnage. Pour une femme, jouer une femme est très confrontant sur sa condition en tant que femme. Comme le dit le personnage qu’interprète Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques dans la série Like-moi, « être une femme, c’est un métier d’hommes. »

Malheureusement, c’est un raisonnement qui semble faire écho chez plusieurs personnes. On ne prend pas toujours la drag-queen femme pour sa valeur artistique. Cela provoque à certains égards une croissance moins rapide dans le milieu. Il faut travailler un peu plus fort pour obtenir des résultats similaires. En même temps, Velma aime jongler avec ce challenge. Comme pour n’importe quel autre drag-queen, s’émanciper dans cet art de la scène est toujours lié à quelque chose de personnel. Ici, Velma Jones cherche à renouer avec sa féminité. Dans la vie de tous les jours, elle est adopte un comportement typiquement plus masculin. À l’instar de Barbada, qui sait que grâce à son casting certaines portes se sont ouvertes pour elle (le spectacle des Spice girls par exemple) que d’autres n’auraient pas eues, Velma Jones n’a pas cette ouverture. Être une femme n’ajoute pas de corde à son arc. Au contraire, elle doit jouer avec l’ambiguïté sur son sexe lorsqu’elle performe. Elle doit en quelque sorte transformer son art pour le convertir en une forme de jeu sous-jacent avec le public.

Cela étant dit, chacune s’amuse avec ce qu’elles sont en allant dans les excès. Dans une société prônant l’ouverture, il faut d’abord la faire transiger par soi. Il faut avoir la confiance nécessaire et faire preuve d’audace. Le public sait se laisser surprendre. Il faut plutôt le prendre comme un atout. Ces trois drag-queens ne représentent qu’un petit échantillonnage par rapport à une multitude de différences. Nous sommes tous unique. Au final, on ne plaira jamais à tout le monde, alors pourquoi ne pas se plaire à soi-même?

Barbada anime une fois par mois Drôles de drags au bar Le Cocktail.
Elle anime également une fois par mois au bar Le Drague de Québec la soirée #tbt
Elle sera de la distribution du spectacle des Spice girls en supplémentaire le jeudi 13 avril au Cabaret Mado
Elle est actuellement sur les couvertures des magazines Fugues er Voir pour faire la promotion du docu-réalité Ils de jour, elles de nuit diffusé sur ICI ARTV et relayé en direct au bar Le Cocktail

Gabry Elle est directrice artistique au bar Le Drague de Québec
Elle y anime le Quiz de la grosse tous les lundis
Elle coamime avec Lady Boom Boom tous les dimanches soir Diva-Nation
Elle est également en vedette dans Ils de jour, elles de nuit

DOSSIER – LE MAKEUP: SES INFLUENCES

Nous sommes dans une ère d’influences. L’accessibilité à différentes contenus en seulement quelques clics nous permet d’enrichir notre esprit, mais également de se donner envie. Le large éventail de « queens » issus de la télé-réalité RuPaul’s drag race, très actives sur les médias sociaux, et l’abondance de tutoriels en ligne, sont des facteurs qui influent sur la volonté des drag-queens de s’orienter vers un raffinement dans les styles qu’elles arborent. Malgré la tendance actuelle de rechercher un look plus naturel, qui donne réellement l’impression d’être une femme, que l’on peut observer dans le milieu à Montréal, s’oppose toute une génération d’artistes qui revendiquent leur visage comme une œuvre d’art au service du maquillage. J’avais déjà abordé la question du makeup il y a près d’un an en interviewant Rainbow. J’ai toutefois voulu y revenir dans le cadre d’un dossier afin de mettre en parallèle la vision de trois drag-queens pour qui le maquillage est un jeu avec lequel il faut savoir s’amuser. Cela rejoint l’idée de ces influences qui nous viennent d’un peu partout à travers le monde. C’est à travers les inspirations de Petula Claque, Peach et Phoenix que nous parcourrons ce sujet.

L’une des drag-queens les plus respectées à Montréal pour son style audacieux et en marge de ce qu’on est habitué de voir est sans contredit Phoenix. Elle a d’ailleurs été cité comme inspiration chez les deux autres intervenantes à ce dossier. Phoenix se considère comme une autodidacte. C’est elle qui est allé chercher ses inspirations et qui a tenté de reproduire ce qui lui plaisait. Je voulais initialement abordé ce dossier sous l’angle de l’influence des tutoriels uniquement. Toutefois, dès ma première rencontre avec Phoenix, je me suis vite aperçu que les influences étaient diverses et ne se le limitaient pas qu’à du contenu vidéo. Phoenix pour sa part ne n’inspire presqqu’exclusivement de photos d’artistes qu’elle suit sur Instagram. Parmi ces artistes, on n’y retrouve pas que des drag-queens. L’impact de RuPaul’s drag race a vraisemblement donné envi à tout un nouveau public le désir d’expérimenter eux aussi sans toutefois être une drag-queen. Des personnalités issues de ce nouveau public ce sont révélés des joueurs importants dans les inpirations de Phoenix. On peut penser à Creme fatale, Ryne Stone ou encore Melissa be fierce. Lorsque Phoenix a débuté, elle n’avait pas cet intérêt pour le makeup comme elle l’a aujourd’hui. Étant une grande fan de RuPaul’s drag race, après la première saison, elle est tombé par hasard sur un tutoriel que donnait Denver Wiliam afin de reproduire le look de la participante Shannel. Au fil des saisons, d’autres drag-queens de la compétition sont devenues des inspirations telles que Miss Fame de qui elle consomme certaines vidéos. Le travail qu’elle consacre à ses looks agit comme un stimulant, alimentant le buzz autour de son alter ego, donnant ainsi l’envi à davantage de gens de la suivre sur les médias sociaux afin d’y découvrir ce qu’elle leur réserve de nouveau. Aujourd’hui, dans le cadre de directs sur Facebook, Phoenix offre des tutoriels en retour à ce qu’elle a elle-même consommé afin d’offrir la possibilité de voir l’envers et de donner des conseils.

 

 


Ces conseils, Petula Claque ne dirait pas non pour parfaire son personnage. Malgré un long bagage en maquillage en ayant travaillé 3 ans chez Mac cosmétique et un cours en maquillage d’effets spéciaux/ beauté l’an dernier, Petula continue de chercher depuis sa graduation de Drag-moi l’automne dernier ce qui caractiserait son personnage. Elle se plait à dire que son parcours professionnel se traduit du passage d’une « beauty queen » à une drag. Elle est donc consciente que son approche du maquillage ne fera pas comme dans le domaine de l’esthétique. Elle se laisse inspirer par l’extrencité de son entourage. Déjà, elle sait qu’elle aimerait être un amalgame du trio d’enfer Tracy Trash, Marla Deer et sa mère de drag, Gisèle Lullaby. Une chose est certaine pour elle, il est hors de question de se laisser teinter par la culture américaine à laquelle elle n’adhère pas vraiment. Dans son cas, l’inspiration est locale et s’oriente davanatge vers ses consoeurs de travail. Malgré qu’elle ne cherche plus à être ce qu’elle appelle une « beauty queen », toutes son expérience dans le domaine de l’esthétique lui a permis de déconstruire le visuel que procure le maquillage pour y déceler une émotion, une époque, etc. Tous ces choix ne sont donc pas laissé au harsad lorsqu’elle offre un look sur scène. Étant également une employée sur le plancher au Cabaret Mado, Petula cherche à offrir un makeup avec le plus de versatilité possible dont l’impact se fait autant sentir sur la scène que dans le public.

 

 


Une autre qui ne veut plus passer inaperçue est Peach, la nouvelle reine le mardi soir au vestiaire. En effet, depuis un certain temps, Peach s’amuse avec son look à tous les mardis. L’audace fut payante pour elle. Elle a senti que le temps était venu dans carrière de repartir sur de nouvelles bases. Elle avait envi que son nom fasse écho au-delà de ses costumes. Suite à son spectacle consacré aux Spice girls qu’elle a présenté l’été dernier, elle s’est retrouvé dans une impase, sans nouveaux défis gratifiants. C’est alors que l’idée de travailler son makeup s’est présentée. Elle s’est lancé dans des achats frénétiques afin de regarnir son coffre à maquillage. Inspirée par des drag-queens américaines telles que Bianca del Rio et Trixie Mattel, Peach s’est permis d’ouvrir ses horizons, ne se limitant plus à un type de drag. Avec le recul, elle aurait aimé avoir ce déclic plus tôt dans sa carrière. Elle fait Drag-moi il y a 2 ans alors qu’elle cumulait déjà de l’expérience dans le métier, mais en refaisant différemment, en y incluant de ce renouveau qu’elle a insuflé à son personnage depuis. Prendre des risques lui aura permis de gagner en confiance. Ses nouveaux looks auront eu des répercussions jusque dans ses numéros. Cela aura été pour elle le déclic nécessaire pour ne plus qu’elle stagne. En s’amusant à chaque semaine avec ses traits, elle peut se renouveler sans cesse et montrer au public tout comme à ses consoeurs toute sa versatilité. Avec les semaines, on en vient à se demander jusqu’où ses limites seront repoussées.

 

 


Bref, ce que ces trois drag-queens ont en commun face à leur vision du métier qu’elle pratique est que le makeup doit se traduire dans l’exgération des traits d’une femme. Le public n’est pas dupre, il sait qu’il vient voir des hommes habillés en femmes. Petula, Peach et Phoenix s’entendent pour dire que le maquillage doit être défini, qu’on le remarque. Il y a un plaisir de déranger à travers ça, un plaisir de se révéler au public comme une drag-queen et non comme une femme… Cela va sans dire qu’il y a ici place à un autre débat. Il y a tant à dire et à montrer sur le makeup. Il s’agit de l’un des éléments les plus importants pour une drag-queen. Afin de l’apprécier davantage, il n’y a qu’un seul moyen et c’est d’aller voir nos drag-queens sur scène… et bien sur, de les suivre sur les médias sociaux.

Vous pouvez suivre Phoenix sur Facebook

Vous pouvez suivre Peach sur Facebook

DOSSIER – LES CONCOURS DE DRAG-QUEENS ET LA PLACE DE LA RELÈVE

Il faut se l’avouer, depuis le début de la télé-réalité RuPaul’s drag race, diffusée sur la chaîne câblée Out TV, le milieu de la drag a grandement évolué. L’émission agit comme un tremplin et semble accorder la confiance nécessaire aux gens de se lancer dans le métier. Les occasions de percer le monde de la nuit ne sont plus ce qu’elles étaient. Si on se concentre sur la région de Montréal, seuls le Cabaret Mado et le bar le Cocktail proposent des opportunités à la relève de se faire valoir. Toutefois, en raison de ce qui a été mentionné précédemment, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. En revenant sur les concours Drag-moi, Miss Sky et Miss Cokctail en compagnie d’Anastasia, Darleen, Emma Dejavu, Heaven Genderck, Lady Boom Boom, Marla Deer, Prudence et  Rita Baga, je ferai le topo de ce que sont devenus ces concours, l’influence de la culture américaine de la drag sur ceux-ci et la place de la relève.

DRAG-MOI

Chaque automne depuis maintenant 7 ans, Marla Deer chapeaute et anime le concours Drag-moi. À l’instar des autres concours, celui-ci se présente davantage comme une école. En effet, les candidates sont appelé à relever un défi différent à chaque semaine et aucune d’entre elle n’est éliminée à l’issu de la compétition. Ce qui permettra de couronner une gagnante à la fin de la compétition sera celle qui se sera le plus démarquée des autres en proposant des numéros originaux à chacun des défis. Afin d’illustrer au mieux l’expérience du concours, j’ai regroupé deux des gagnantes, Heaven Genderfck (saison 5) et Prudence (saison 6), Darleen, candidate lors de la 1ère saison, Anastasia, qui a pris part à l’édition « université », Rita Baga, juge lors de toutes les éditions, ainsi que la grande manitou elle-même, Marla Deer.

Marla Deer s’est approprié la nouvelle disponibilité du mercredi soir en proposant un concept nouveau. C’était le début de Drag-moi. À l’origine, toutes les candidates avaient été présélectionnées car Marla voulait s’assurer d’avoir un bon show. Le modèle était calqué de toute bonne émission de télé-réalité. La première édition était en quelque sorte, un pilote. Le seul élément qu’elle s’est permis de retrancher était les éliminations car cela lui fend le cœur. Avec son concept, Marla voulait s’assurer que chaque candidate vive une expérience complète, leur proposer une opportunité d’être confronté à toutes les éventualités de la scène.

Darleen, qui a participé à la première édition, est toujours active dans le milieu. Elle a vu le concept se renouveler avec les années. Ce qu’elle constate surtout est l’aspect moins formel de la formation. Lorsqu’elle a débuté, chaque candidate devait prendre rendez-vous avec les juges afin de travailler certains aspects. Maintenant, les candidates ne sont plus des novices comme dans son temps. La plupart ont une expérience de scène notable, pour certaines de drag déjà (surtout lors de la dernière édition suite aux auditions qui ont lieu cet été à Bagalicious), et ont de solides bases en makeup. Ce dernier facteur est une influence direct selon Marla de l’émission RuPaul’s drag race. Nous sommes également dans une ère où l’on cherche à être au sommet dès ses débuts.

Toutes s’entendent pour dire qu’il s’agit véritablement d’un lieu d’apprentissage. Rita Baga trouve qu’il s’agit du meilleur endroit pour définir son identité en tant qu’artiste. Les candidates jouissent d’une liberté artistique. Rita aime se laisser surprendre et ce, même si le numéro n’est pas dans sa palette. Dès que le numéro dégage une recherche artistique, qu’il est réfléchi. Darleen aimait particulièrement cet aspect, cela lui permettait d’explorer plusieurs niveaux de jeu. Anastasia, qui a pris part à l’édition « université », s’est permis de se mettre en danger et de sortir de sa zone de confort grâce à cela. Elle souligne que chaque drag qui commence a une idée du genre de personnage auquel elle veut répondre. Cela freine parfois une drag-queen à se risquer à faire autre chose. Il arrive toutefois que certains personnages correspondent moins aux standards de drag-queens que l’on retrouve dans des établissements de style cabaret. Rita Baga soulève qu’il faut savoir « travestir son art » si l’on aspire à percer dans ces cabarets qui sont devenus avec le temps de véritables institutions dans le village. Toutefois, Drag-moi permet à ces drag-queens plus « hors normes » de prendre part à la compétition. Pour preuve, plusieurs gagnantes au fil des années étaient moins conventionnels telles que Prudence et Heaven genderfck. Elles ont su tirer leur épingle du jeu et faire leur preuve.

En se joignant à la compétition, Prudence savait que son style allait déranger. Cela provoquait chez elle un certain stress. Ses seules références issues du milieu étaient Mona de Grenoble et Miss Daniels qui ont toutes deux participées à Drag-moi par le passé et dont le style leur était propre. Cela venait lui accorder une certaine confiance. Malgré le style qu’elle voulait arborer pour son personnage, Prudence est demeuré ouverte dans le cadre de la compétition. Elle croit d’ailleurs que c’est la clé lorsqu’on veut évoluer comme artiste.

MISS SKY

Afin de se remémorer la belle époque des spectacles de drag-queens au Sky, j’ai invité les deux animatrices de la nouvelle mouture du concours Miss Sky Emma Dejavu et Rita Baga ainsi que la dernière gagnante, Anastasia, à témoigner des rouages de ce concours.

Rita Baga définit l’ampleur d’un événement par les commanditaires et les prix qui y sont rattachés. Avant que le concept du concours Miss Fierté Canada qui débarquera cet hiver au Cabaret Mado ne soit lancé, le concours qui l’avait jusqu’ici allumé par ce dont il offrait était Miss Sky. En effet, la gagnante du concours remportait 500$ comptant, une vraie couronne et deux contrats par mois. La directrice artistique du complexe Sky était à l’époque Tante Gaby. Emme Dejavu a confié que pour les participantes, il s’agissait également d’une occasion de faire ses preuves auprès d’elle. Sans nécessairement avoir gagné, le nom d’une candidate évoquait maintenant quelque chose et ce, que la drag-queen soit débutante ou expérimentée. C’est un peu comme ça d’ailleurs qu’Emma Dejavu a débuté sa carrière. Elle travaillait déjà dans le bar, mais suite au concours, elle s’est fait repérer par Popline qui était animatrice maison. Le concept tel qu’elle l’a connu du concours s’est arrêté quelques temps après sa participation avant d’être relancé par elle-même. La différence cette fois-ci : elles allaient être deux à l’animation. Emma Dejavu et Rita Baga étaient déjà animatrice au complexe Sky. Lorsque l’idée a germé de faire revivre le concours, les deux animatrices sont allé à la rencontre de leurs consœurs pour faire du recrutement et s’assurer ainsi un bon taux de participation pour assurer le succès de la soirée. Et pour en être un, c’en fut un.

Anastasia a été la dernière gagnante du concours en 2014 avant que le complexe ne cesse les activités de spectacles de drag-queens à l’aube d’une nouvelle saison le 1er janvier 2015. Elle n’en était pas à sa première participation à ce concours. Elle l’avait déjà fait en début de carrière et ne tenait pas à le tenter le coup de nouveau. C’est Rita qui a réussi à la convaincre. À la différence de Drag-moi, Miss Sky est véritablement un concours. Il faut se connaître un tant soit peu comme artiste. Même si la compétition est ouverte à tous, ce n’est pas là que tu vas t’équiper de conseils. Anastasia confirme que son passage ne l’a pas empêché d’évoluer comme artiste puisque tu te risques. On ne sait pas comment les choses vont se passer. Les premières étapes de la compétition fonctionnent par un vote du public. Il est donc aisé d’avancer dans la compétition si tu as avec toi un bon public. En fin de parcours, du te fais juger par des drag-queens de renoms et d’anciennes à la retraite. Le visage de la compétition change un peu. Lors de sa seconde participation, avec quelques années d’expérience sous la cravate, Anastasia s’est permis d’aider celles qui débutaient dans un élan de bonne foi. Elle avait une vision d’avenir, au-delà de la compétition, sachant que ces rivales d’aujourd’hui allaient être ces collègues de demain. Contre toute attente dans ce genre de compétition, Anastasia a osé pour la finale deux numéros qu’elle n’avait jamais expérimenté auparavant. Dans un contexte où tu ne performeras que trois soirs seulement à raison de deux numéros par occasion, la majorité des candidates se risquent moins et y vont davantage vers quelque chose avec lequel elles se sentent confortable.

MISS COCKTAIL

Miss Cocktail est la version revue et corrigée que Michel Dorion animait du temps qu’elle travaillait au complexe Sky. Lorsqu’elle s’est jointe à l’équipe du bar le Cocktail, elle a emmené avec elle son concept qu’elle convertit aux couleurs de l’établissement. Afin de comprendre l’impact de ce concours, j’ai fait appel à Lady Boom Boom, originaire de Québec, gagnante de l’édition 2016. Plusieurs drag-queens encore actives dans le métier ont participé à ce concours, toutefois, je trouvais intéressant de prendre le point de vue de quelqu’un provenant de l’extérieur de Montréal pour que le public d’ici lui est étranger.

Afin d’illustrer le large éventail de son talent, Lady Boom Boom a tenu à offrir à chaque performance un style différent, muni d’un costume qu’elle avait elle-même confectionné. Elle gardé à l’esprit l’impact qu’elle aurait sur le public tout au long de la compétition et elle voulait s’assurer que le public ne reste pas avec un souvenir formaté de son personnage, associé à une seule chose. Elle s’est donc amusée à les bombarder d’images, les entraînant ainsi dans son univers. Le bar le Cocktail est sommes toute un endroit où c’est plus conservateur dans l’approche du spectacle de drag-queen, se rapprochant surtout du personnificateur féminin. Dans toute sa naïveté, ne connaissant que très peu l’endroit, Lady Boom Boom a plongé dans l’aventure comme un véritable ovni. Un pari risqué qui en aurait freiné d’autres mais qui pour elle, ce sera révélé payant.

 

Avec ce genre de concours les établissements ont tendance à revoir leur standard et faire davantage d’ouverture aux différentes propositions artistiques et ce, peu importe ce qui définit la ligne directrice. Rupaul’s drag race agit comme un télescope sur une industrie riche qui stimule la relève. Il y a une vieille garde qui a établi des standards qu’elle se voit déconstruire tranquillement, forcé de constater que les possibilités sont beaucoup plus grandes. Les combats ne sont pas encore tous gagnés. Ils s’en mènent de l’intérieur comme de l’extérieur que certaines tentent de livrer avec l’ouverture qu’elle aimerait qu’ on ait en retour à leur endroit comme pour Heaven. Celle-ci est particulièrement contente de la présence de Drag-moi puisqu’à travers les murs de l’école, on repousse les limites en ouvrant la voie à des choses qu’on n’aurait pas cru possible dans un passé pas si lointain. On peut penser simplement aux femmes qui pratiquent le métier de drag-queen. Finalement, la place à la relève, il faut se la faire. De nombreuses télé-réalité ont démontrées que gagner n’était pas gage d’avenir. Il faut travailler fort, demeurer ouvert et ne pas se montrer trop sélectif.

 

Rita Baga animera cet hiver Miss Canada Pride tous les dimanches au Cabaret Mado.

Elle sera aussi en vedette dans la série Ils de jours, elles de nuit attendue en mars sur ARTV

Vous pouvez la suivre sur Facebook via sa page et celle de sa soirée Bagalicious.

Vous pouvez suivre Marla Deer sur Facebook. Restez à l’affut de ses nombreux projets au Cabaret Mado pour 2017.

Emma Dejavu travaille au complexe Sky. Vous pouvez la suivre sur Facebook.

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Vous pouvez suivre Heaven Genderfck sur Facebook et les projets de la Haus of Genderfck sur la page de la troupe.

DOSSIER – L’OUVERTURE AU MILIEU DE LA DRAG HORS DE LA COMUNAUTÉ LGBT:

LA SÉRIE DOCUMENTAIRE ILS DE JOUR, ELLES DE NUIT avec Frederic Gieling

Les opportunités de faire valoir le savoir-faire artistique des drag-queens hors de la communauté LGBT connaissent une croissance importante depuis les dernières années. On peut penser au Mado’s got talent offert dans le cadre du festival Juste pour rire depuis 3 étés, au spectacle Stars – La nuit des sosies présenté au Monument national qui a trouvé refuge auprès de l’organisation du Zoofest ou encore que le personnificateur féminin Réglisse fut nommé comme duchesse en vue du prochain Carnaval de Québec. Cette ouverture m’a donné envi d’approfondir la question. Depuis quelques temps, certaines drag-queens dont Rita Baga, Barbada et Tracy Trash nous parlent à l’occasion d’un projet intriguant auquel elles prennent part. Il s’agit d’une série documentaire consacrée à dépeindre une réalité de laquelle l’équipe derrière la production et le public n’en savent que très peu, c’est-à-dire le milieu de la drag. C’est la chaîne spécialisée de la Société d’État ARTV qui chapeaute le projet Ils de jours, elles nuits. Aux commandes, c’est le réalisateur Frederic Gieling avec qui j’ai eu le loisir de m’entretenir. Avec lui, j’ai remonté la genèse tout en m’intéressant au processus par lequel il est passé afin de faire évoluer le projet jusqu’à ce qu’il est maintenant. Au début, l’idée n’était que très embryonnaire. Ce sont les égéries de la série, Lady Boom Boom, Gabry-Elle et Ladypoonana, des drag-queens de la relève qui prennent part à l’aventure, tout comme les mentors qui ont influencé le parcours de la série en offrant un portrait moins mainstreem auquel la production s’attendait. Je vous invite à découvrir à travers ce premier dossier sur les dessous de cette série comment se traduit l’ouverture au milieu de le drag à Montréal à l’extérieur des limites de la communauté de laquelle elle relève.

L’idée a germé d’une scénariste. Elle a approché Frederic afin qu’il se joigne à elle. Il s’était déjà fait connaître grâce à des projets tels que Le sexe autour du monde relayé sur TV5 et Danseuses sur Z que Jean-Francçois Mercier animait. On pouvait remarquer parmis les choix de productions auxquels il s’était associé une certaine cohésion qui se manifestait dans une volonté de traduire des sphères spécifiques desquelles le public n’en connaît que très peu. On peut même avancer qu’il s’agit de milieux sur lesquels le public croit connaître en raison des stéréotypes qui s’en dégagent. Ils se sont vite aperçu que le milieu de la drag à Montréal avait une richesse incroyable. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui l’a mené vers le documentaire d’observation. Avant de s’embarquer dans un projet aussi ambitieux, il a jugé bon d’approcher Mado afin d’obtenir son approbation en lui étalant les bases du projet. C’est cette dernière qui l’a orienté vers celles qui agissent à titre de mentors dans la série tel qu’énuméré précédemment. Il voulait qu’on aille plus loin que la vision trompeuse orchestrée dans la série Cover girl diffusée à Radio-Canada. Cela n’a pas été long qu’il s’est senti accueilli dans le milieu. Il voulait défendre qu’il s’agit avant tout d’une forme d’art et de dissocier ce métier d’autres réalités telles que les travesti(e)s ou encore les transexuel(le)s avec lesquelles on le confond souvent.

Frederic croit au fait qu’il est plus intéressant de poser un regard sur une réalité lorsqu’il passe par l’oeil de quelqu’un qui débute. C’est pourquoi il a choisi trois drag-queens qui ont une jeune carrière. Frederic s’est rendu compte après avoir rencontré Ladypoonana qu’il était victime lui-même des préjugés qu’ils tentent de défaire puisque cette drag-queen est en fait une fille. C’est un phénomène assez nouveau dont l’une des pionnières, Vanity, est née de la compétion Drag-moi que mène Marla Deer depuis maintenant 7 saisons. Ladypoonana a su bien défendre ce qu’elle représente. Elle fut en quelque sorte responsable de l’un des premiers bouleversements dans la ligne directrice de la série. Frederic croit au fait que lorsqu’on transmet, comme dans le cas présent, d’une mentor à la relève, qu’on arrive à mieux rendre compte. Maintenant que cela était établi, la table était mise pour la suite de l’aventure.

La présence de filles dans ce milieu a permis d’y explorer la place des femmes et par le fait même de constater qu’il s’agit d’un milieu en mutation. Au-delà de la dimension esthétique et artistique, le milieu de la drag dévoile une dimension politique plus forte qu’on ne pourrait le croire. Une dimension politique revandicatrice qui cherche à trouver sa place sur plusieurs fronts. Témoin de cela lors du processus, on n’a pas voulu imposer à la série un point de vue éditorial mais plutôt de présenter dans toute sa diversité et sa complexité le milieu de la drag. On s’aperçoit bien vite qu’il n’y a pas une façon d’être drag, il y en a plusieurs. Les témoignages des intervenantes de la série corroboreront très bien cet aspect. C’est en quelque sorte le reflet de l’opposition entre le milieu underground et ce qui est plus mainstreem, dans le village, autant qu’une opposition du métier entre les villes où il s’en fait comme Montréal et Québec par exemple.

Dans le cas d’une série documentaire, on peut décider de faire l’observation du sujet sur une courte période et appliquer cette durée à l’ensemble de ce qu’on cherche à représenter, ou encore, de prendre le temps. Dans le cas présent, on a fait le choix d’y aller sur une longue période. Cette décision aura permis de suivre les drags impliquées dans une variété de projets. La chaîne ARTV a même permi à l’équipe de s’envoler en Indes afin de vivre avec Rita Baga son aventure là-bas dans le cadre du Kashish Mumbai International Queer Film Festival. Ce périple outremer témoigne de la part du diffuseur unegrande ouverture de laquelle il a joui tout au long du processus.

Le résultat de tout ce travail étalé sur près d’un an se déclinera sur 8 épisodes d’une durée de 30 minutes dont la mise en ondes est prévue à l’hiver ou l’automne 2017 sur Ici ARTV. La narration a été confiée a celle que l’on surnomme dans le milieu comme la « reine » des nuits de Montréal, soit Mado Lamothe. Son rôle servira surtout à faire la liaison entre les différents tèmes qui seront soulevés à l’émission. Dans les mois à venir, je vous convierai à d’autres rendez-vous qui mettront en lumière des occasions où les drags se sont invitées à l’extérieur de leur zone de confort.

DOSSIER JUIN 2016 – LE TRAC CHEZ LES DRAG-QUEENS

Comme le milieu de la drag relève du monde de la nuit, on croit à tord que ce n’est pas un métier et que les artistes qu’il met en scène n’ont pas nécessairement à coeur ce qu’ils font. L’un des mandats que je me suis lancé avec ce blogue est notamment de détabousier le métier de drag-queen, car il en est un, mais également de le légitimer au même titre que tout autre art de la scène tel que la danse, le chant, l’humour, le burlesque, le théâtre ou encore le cirque. Il y a un aspect pour lequel toutes ces sphères de l’expression de l’art se recoupe et c’est sans nul doute le trac. Il se traduit de manière différente pour chaque artiste. Plusieurs facteurs viennent l’influencer, notamment la notoriété, l’expérience, etc. J’ai voulu en savoir davantage sur la manière dont il était vécu auprès de certains drags. Quelques-unes ont accepté de se prêter au jeu dont la gagnante du concours Miss Cocktail 2016 et la révélation de l’année au dernier Gala des drag Lady Boom Boom ainsi que LaDrag On-Fly, Eva Loucha et Anna White.

Dans un marché aussi petit que celui du Québec, on finit nécessairement par se connaître dans le domaine culturel. Le milieu de la drag subit également l’impact d’une visibilité essentiellement de nuit sauf à de rares occasions et orientée vers la communauté LGBT outre les grands soirs du week-end. Ces factreurs font en sorte que les milieux dans lesquels peuvent s’exécuter une drag-queen sont limités. Ces lieux ont même la plupart du temps pour clientèle celle qui font les beaux jours de ceux-ci. En d’autres termes, le milieu de la drag est très solidaire et les artistes se supportent beaucoup entre eux. J’ai posé la question à LaDrag On-Fly, comme elle débute sa carrière, si c’est davantage de performer auprès de ses consoeurs ou devant un public qui est le plus stressant? Ce que j’en retiens est surtout que le public agit comme un stimulant vers un trac positif. Elle affirme que peu importe l’endroit où on est appelé à performer, il faut savoir s’adapter à son public et être à l’écoute. En ce qui concerne le fait de performer auprès de ses consoeurs, elle le perçoit comme une occasion de prouver qu’elle a sa place dans ce milieu. On peut donc en conclure que dans les deux cas, le trac ne s’avère pas être quelque chose négatif.

LaDrag On-Fly tout comme Lady Boom Boom sont issu de concours. C’est ce qui leur a ouvert la voie de ce métier. Il fallait donc se questionner sur l’impact de ce passage face au trac. Durant la compétition, Lady Boom Boom voit le trac comme une occasion de se dépasser à chaque nouvelle étape. C’est lui qui procure un certain pouvoir sur la performance. Il faut avouer que les deux protagonistes ont su bien le gérer puisqu’elles se sont toutes les deux particulièrement bien démarquées dans les concours auxquels elles ont pris part. Il est bien intéressant de performer dans le cadre d’un concours pour lequel le public peut avoir une certain compassion, du fait qu’elles sont en apprentissage. Une fois que cela est terminé, qu’elles se retrouvent dans les cours des grands, il y a des animaRtices qui ne se gênent pas de soulever qu’elles sont de la relève. Cette étiquette que l’on suggère au public a-t-elle un impact sur le trac? LaDrag On-Fly le voit comme un couteau à double tranchant. D’un côté, on peut assumer qu’on a le « droit » de faire des erreurs alors que de l’autre, malgré le peu de temps qu’elles ont intégré le milieu, elles sont capable de les impressionner. Il faut le voir comme une poussée d’adrénaline.

Le trac ne se manifeste pas qu’une fois sur scène. Il fait parti intégrante d’une prouesse scénique. Cela naît dès le moment de se maquiller dans les loges et même avant. Eva Loucha se considère comme quelqu’un de timide. Son alter ego masculin n’a pas la même verve qu’Eva. Il y a un processus transitoire qui passe en grande partie lors du maquillage. C’est à ce moment que la femme en eux prend vie, celle qui va conquiérir le public et s’imposer sur la scène. LaDrag On-Fly fait mention d’une belle camaraderie dans les loges, ce qui permet à tous se mettre en confiance. Cela n’empêche en rien d’avoir la bouche sèche avant de monter sur scène ou de faire les cent pas comme Anna White. Toutes n’ont pas les mêmes opportunités de se faire valoir. Il arrive donc pour certaines que le trac se révèle plus vertigineux. Lors de la préparation dans les loges de son numéro, dès qu’on sait où s’en va et qu’on est en confiance face à ce qu’on va présenter, le trac ne peut que se convertir en quelque chose de positif.

Malgré une bonne préparation, il y a des facteurs qu’on ne peut pas prévoir. Parmi les plus probables, il est assurément question du public. Aussi motivant puisse-t-il être, il s’avère parfois désarmant. Même si Eva Loucha préfère ne pas penser au public dans la salle car elle a peur que d’en être consciente puisse avoir un impact sur son numéro, il n’est pas à négliger. Au-delà du trac, il y a une part d’estime qui peut écoper au paSsage si ce dernier reste à plat. Je crois que toutes s’entendent pour dire que cette réalité est sans contredit ce qui mine le plus une performance et influe sur le trac. C’est une situation qui, sans le vouloir, force l’artiste à penser et d’être beaucoup trop conscient de son environnement… platonique. Le manque d’entrain du public n’est pas systématiquement lié à une mauvaise performance. Il a des soirs où le courant passe moins.

Même si elles défendent toutes le fait d’être alimenté par le public, elles m’ont toutes avoué avoir un petit quelque chose à travailler pour s’aider davantage. LaDrag On-Fly mise sur le fait d’être moins une « énergie folle » dans le but de plaire au public et de rester concentrer un peu plus l’effet Re son côté veut travailler son manque d’assurance. Bref, ce qu’on peut retenir est que le trac est majoritairement positif lorsqu’on sait comment bien le canaliser et qu’il soit au service de la performance.

DOSSIER AVRIL 2016 – LA CONCILIATION VIE DE JOUR VS VIE DE NUIT

On pourrait croire à tort que ceux et celles qui pratiquent le métier de drag-queen le font à temps plein. Bien au contraire, ces hommes et ses femmes mènent deux vies en parallèle, leur vie de jour et leur vie de nuit. Certains occupent un emploi à temps plein, d’autres sont aux études et dans certains cas, ils font les deux. Être drag-queen se révèle davantage être une passion qu’un emploi. Bien entendu, elles sont rémunérées, mais le salaire qu’elles font est loin d’équivaloir l’investissement qu’elles font en temps, argent et énergie. Cela vient appuyer l’idée selon laquelle elles le font par véritable passion. Cet aspect de leur vie s’avère être un peu comme un travail de pigiste alors qu’elles doivent d’elle-même gérer leur emploi du temps. Tout dépendant dans quel milieu de travail elles évoluent, il n’est pas toujours facile de pallier tous ses horaires. C’est alors que se présentent les contraintes et les choix auxquels elles se heurtent. À l’instar de quelques drag-queens à Montréal telles que Mado Lamothe, Nana de Grèce, Michel Dorion ou encore Gerry Cyr, aucune de nos jours n’aspire à faire de cela une carrière à part entière. Ainsi, dans leurs choix, elles doivent valider avec elle-même ce qu’elles comptent mettre de l’avant : leur vie de jour ou leur vie de nuit. Certaines drag-queens ont accepté de se prononcer sur la question. Découvrez comment Barbada, enseignante au primaire, Peach, inhalothérapeute, Kitana, business operator manager chez Old Navy ainsi que Penélopé, coordonateur administratif logistique chez Holt Renfew, gèrent la cohabitation de cette double vie.

 

Parmi les intervenantes pour cet article, il s’est adonné qu’elles occupaient toutes un emploi dont l’horaire était variable de l’une à l’autre. Parmi celles-ci, seule Barbada a restreint des horaires de travail à trois à trois jours par semaine qui sont réparties pour l’enseignement, le syndicat et la suppléance afin d’avoir plus de temps pour sa carrière de nuit. Elle peut ainsi se permettre davantage de projets en tant que drag-queen, mais également comme DJ. Barbada a la chance d’être reconnue par ses pairs un peu partout à Montréal et Québec. Elle performe autant au Cabaret Mado qu’au Cocktail à Montréal, elle anime au bar Le Drague de Québec, elle est DJ occasionnel au Unity en plus de faire des contrats privés en tant que drag-queen ou DJ. Elle anime également des matchs d’improvisation au Cabaret Mado avec la Gailaxie, certaines levées de fonds et des soirées spéciales avec sa consoeur Kitana dans le cadre d’une soirée délirante nommées Top or bottom. Barbada est une personne très intense qui s’implique ardemment dans ses projets. Cela va de soit pour elle de se consacrer autant dans sa carrière de drag-queen. Je crois que si l’on prenait de temps de demander à ses camarades de travail, on saluerait sa grande implication. Cette grande implication lui a permis de se forger une notoriété enviable dans le milieu tout comme auprès du public. Comme Barbada n’occupe pas un poste à temps plein là où elle travaille, elle ne tient pas à ce qu’on sache ce qu’elle fait à l’extérieur du travail.

 

Peach est sans doute celle qui avait le portrait le plus intéressant sur cette question. En effet, Peach a un horaire rotatif qui la fait travailler autant de jour, de soir que de nuit. Céduler ses contrats est sans contredit tout un casse-tête puisqu’elle ne connaît son horaire pour me mois à venir seulement une semaine avant celui-ci. Cela veut dire que si elle a déjà un contrat à son horaire, elle est contrainte de changer son horaire. Toutefois, cet horaire atypique lui permet de bien récupérer comparativement à d’autres qui ont un horaire plus régulier. Elle a la chance de compter sur des collègues de travail très compréhensifs. Ce ne sont pas tous les employés du centre hospitalier où elle travaille qui sont au courant qu’elle est de drag-queen. Elle ne tient pas à ce que cet aspect de sa vie vienne interférer sur le rapport qu’on peut avoir avec son travail lors de ses moins bonnes journées par exemple. Elle tient à faire la part des choses. Ce sont davantage ses collègues inhalothérapeutres qui le savent, notamment pour les raisons évoquées précédemment sur ses contraintes d’horaire. Peach est une autre de ces drag-queens dont la passion du métier l’habite continuellement. Peach conçoit des costumes, tant pour elle que pour ses collègues. Elle produit actuellement un spectacle hommage aux Spice girls qui sera présenté le jeudi 23 juin prochain. Ce spectacle-événement représente une part de travail considérable qui lui demande beaucoup de temps puisqu’elle gère les moindres détails.

De son côté, Kitana a été pendant plusieurs années gérant du Priape, un lieu emblématique du village. L’institution a supporté lors de plusieurs occasions des productions au Cabaret Mado. Cette proximité entre les deux endroits encourageait Kitana a accepté divers contrats. Depuis qu’elle travaille chez Old Navy, qui est plus éloigné du Cabaret Mado et de son lieu de résidence, elle est contrainte de réorienter ses choix de contrats. Elle est devenue plus sélective puisqu’elle ne peut plus s’en permettre autant. De plus, son horaire est très variable. Parfois, elle doit se lever très tôt et n’est plus en âge de récupérer aussi rapidement qu’au paravent. Kitana est arrivé à trouver un équilibre dans sa vie. Néanmoins, pour cet hiver, Kitana est toujours à la barre des lundis RuPaul’s drag race sur écran géant au Cabaret Mado et prend part à un week-end par mois au même endroit. L’un des gros sacrifices qu’elle a dû faire est notamment sa participation aux mardis à Mado qu’elle ne peut plus faire aussi souvent.

Notre dernier intervenant, Pénélope, de son côté, occupe un emploi à temps à horaire fixe plein du lundi au vendredi. La compagnie emploi plusieurs personnes de la communauté LGBT. Elle est donc très ouverte. C’est un facteur qui l’a mis en confiance. Ce n’est toutefois pas tout le personnel qui est courant de ce qu’il fait. Il garde en tête ce que cela peut représenter dans la balance lorsque vient le temps de demander une promotion par exemple. Le fait qu’elle soit drag-queen n’est pas un secret pour ses collègues. Pénelopé a animé durant près d’un an aux côtés de Gerry Cyr le Grand show au bar Le Cocktail, mais cette stabilité impliquant une assiduité jusqu’à six jour semaines s’est révélés à ses dépens comme étant très demandant. Il d’ailleurs rendu compte que l’accent avait beaucoup été mis sur sa carrière de drag-queen. Tout comme sa sœur de drag Kitana, il en est venu à réévalué ses priorités afin d’être plus efficace dans la coordination de toutes les sphères de sa vie. Il peut ainsi se permettre d’être à 100% dans tout ce dont il s’implique.

Bref, il va de soi que dans tous les cas, il faut démontrer un sens de l’organisation incroyable. Ces quatre intervenantes ne sont qu’un bref aperçu, mais chaque drag-queen a un train de vie qui lui est propre. Chaque scénario est donc unique à chacun. L’objectif était notamment d’illustrer le fait qu’on n’a malheureusement tendance à oublier tout ce que ce travail peut demander comme implication. À la différence d’autres artistes de la scène, les drag-queens ne sont pas en mesure d’en vivre. La plupart le font comme une véritable passion tant que cela peut s’articuler à leur emploi du temps. Elles finiront dans la plupart des cas. à laisser leur carrière scénique de côté afin de mettre de l’avant leur véritable carrière professionnelle. Le personnage qu’elles ont bâti au fil du temps ne meurt jamais vraiment. Je vous invite d’ailleurs à lire mon premier dossier du mois de juillet 2015 consacré à la retraite chez les drag-queens qui s’inscrit parfaitement dans la continuité de cet article.

Barbada ast actuellement en tournage pour la série documentaire destinée à ARTV attendue pour l’automne prochain, Ils de jours, elles de nuit, aux côtés de Rita Baga et Tracy Trash.

Peach, Pénelopé et Barbada font pati du spectacle hommage consacré aux Spice girls qui sera présenté au Cabaret Mado le jeudi 23 juin prochain avec également Gisele Lullaby et Ciatha Night.

DOSSIER 2 MARS 2016 – LA COLLÉGIALITÉ AU SEIN DE LA COMMUNAUTÉ LGBT

La communauté LGBT est vaste et se décline dans une variété impressionnate de sphères qui touchent autant le milieu communautaire, commercial que culturel. Après plus de six mois d’existence pour mon blogue, j’avais envi d’illustrer les raisons qui stimulent ma volonté de mettre en oeuvre ce projet. J’ai réalisé avec le temps que mon blogue représente l’implication que j’ai au sein de cette communauté. Elle s’avère, à certains égards, plus pointue que d’autres puisqu’elle vise un créneau bien précis. Le métier de drag-queen regorge d’angles sous lesquels on peut l’aborder. Au fil de mes entrevues, je me suis aperçu qu’il existait une collaboration des plus généreuses entre chacune des sphères LGBT. J’avais envi de mettre en lumière ces collaborations afin d’illustrer l’apport que d’autres peuvent avoir au sein de notre communauté. Ces implications recoupent lors de certaines occasions celui des drag-queens. J’en ferai le parallèle lorsque l’occasion s’y prêtera. Toutefois, ce ne sont pas les drag-queens qui seront en vedette dans les lignes qui suivent, mais plutôt ceux et celles qui font de notre village ce qu’il est… Au-delà de la rue Sainte-Catherine. Pour en parler, aucune drag-queen ne figure parmi les intervnants. Il sera plutôt question de Dominique Lavergne, gérante du Priape et représentante communautaure chez Fierté Montréal, d’Alexandre Dumont Blais, coordonateur des communications chez Rézo, de Christian Tanguay, directeur exécutif du Centre communautaire gai et lesbienne de Montréal et soeur de la Perpétuelle Indulgence, connue sous le nom de Marie-Félicité de La Fontaine, de l’acteur porno Brandon Jones ainsi que que l’artiste burlesque Fairy Floss.

L’IMPLICATION COMMUNAUTAIRE

Le village gai de Montréal n’est pas le reflet de toutes les réalités vécues par la communauté LGBT partout à travers la province. Il demeure toutefois le centre prinipal lié aux activités de cette communauté. Il essaie également d’offrir une représentativité de tous ses acteurs. Fierté s’est d’ailleurs donner comme mandat de tenir un conseil d’administration qui va en ce sens, c’est-à-dire qu’on y retrouve tant des hommes que des femmes (gais, lesbiennes ou hétérosexuels) ainsi que des transgenres. Ainsi, il est en mesure d’être informé de toutes les répercussions de son implication. Il est donc tout à fait logique de voir des organismes communautaires se développer dans le village. Le caractère gay friendly de Montréal complexifie toutefois la tâche aux organismes selon Alexandre Dumont Blais. L’aide qu’on souhaite apporter à nos semblables est difficile à contenter puisque la demande est croissante. L’implication communautaire se décline tant par la sensibilisation que la prévention et j’en passe. Certains organismes arrivent à tirer son épingle du jeu, ce qui n’est malheureusement pas le pas de tous. Christian Tanguay justifie cela par l’absence d’un centre communautaire fort, duquel résulte le développement de groupes de manière indépendante. Alexandre de son côté rappelle que les gens s’informent moins, il faut donc chercher à les confronter malgré eux. C’est ici que tous les intervnants du volet communautaire de cet article se rejoignent. La créativité et faire de leur mieux sont sans doute les moteurs du communautaire.
Rézo est un organisme qui existe depuis maintenant 25 ans. L’impact de l’implication de Rézo dans le village est notoire. On croit à tord que certaines décisions ont été prises naturellement puisque la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui est rendu où elle est. Hors, comme le souligne Alexandre Dumont Blais, en citant en exemple les condoms gratuits dans les saunas gais, est un combat que Rézo a mené puisque jusqu’à tout récemment, il fallait les acheter. Malgré la sensibilisation, nous savons que les cas de VIH sont en hausses. Les avancées en ce qui touche la médicamentation ont désensibilisé certaines personnes qui se croient immuables au virus. Il fallait donc agir en ciblant un lieu sommes toute à risque. Rézo oeuvre également dans la sensibilisation. Ils vont d’ailleurs à l’occasion dans les saunas afin d’offrir des tests de dépistage. L’implication de Rézo est beaucoup plus large que ce qui est présenté ici, il va de soit. Vous trouverez à la suite de cet article le lien vers leur site internet afin d’en découvrir davantage.

L’implication très engagée de Christian Tanguay au centre communautaire gai et lesbienne de Montréal lui aura ouvert la voie des soeurs de la Perpétuelle espérence dont la mission est de propager la joie multiverselle, d’héradiquer la honte, de faire le devoir de mémoire, de lutter contre la culpabilité stigmatisante et de combattre le VIH/ Sida/ ITSS. Elles cherchent à créer un choc par l’intermédaire d’interventions artistiques afin de déstabiliser, à l’abri des constructions sociales que l’on se fait d’une personne selon ce qu’elle dégage. Même si le modèle sur lequel est calqué les soeurs de la Perpétuelle espérance, il n’est rien de croyances religieuses, il s’agit davantage de la question queer. Le couvent de Montréal, non confirmé (en attente de leur exéquatur), est en processus pour devenir un organisme sans but lucratif. Elles ont aussi pour mandat d’établir des ponts avec d’autres organismes comme elles le font notamment avec Queer McGill et l’Asterix.

La commaunté a des besoins, mais les organismes également en ont pour continuer d’exister. C’est pourquoi Mado a décidé de mettre sur pied le maintenant tradionnel Staff show du village dont les profits sont remis à chaque année à un organisme dans le besoin. Depuis maintenant 4 ans, le bénificiaire est Rézo. Le spectacle en soit témoigne de la belle collégialité qui existe entre les commerçants du village et les organismes communaires qui s’y impliquent. C’est une généreuse initiative de la part du cabaret. Les deux bars de drag-queens du village, c’est-à-dire le Cabaret Mado et Le Cocktail, s’impliquent activement à diverses occasions afin de supporter ces organismes. Dominique Lavergne vente d’ailleurs l’atout majeur que représente la présence de Jean-François alias Rita Baga au sein du groupe de Fierté. Son alter ego lui permet d’attirer un public autrement, de manière confrontante. L’impact que Rita a dans la communauté est positive. Cela a certainement aidé à faire revivre les bingos au Cabaret Mado. En effet, tous l’hiver, à chaque dernier mercredi du mois, se tient le Bingo de Fierté dont tous les profits vont directement à Fierté.

Certains commerces comme Priape ont fini par s’imposer au sein du village. Le Priape par exemple est devenu au fil du temps, le centre d’information du village. Il s’est défini avec les années de plus en plus inclusif. Qu’importe de quel milieu duquel tu es issu, tu as ta place là-bas et tu peux aisément trouver chaussure à ton pied. Il va de soit que la présence de Dominique Lavergne, première femme gérante en près de 40 ans, a beaucoup aidé à revoir les perspectives du commerce. La femme Dominique aura également servie Fierté puisqu’on l’a mise en charge du volet féminin de l’événement. Tout ça dans l’optique d’être plus inclusif et représentatif de ceux qu’on supporte. Dominique est une personne grandement impliqué au sein du village et pour la cause LGBT puisqu’elle fait également parti du CA d’InterPride.

LA SCÈNE CULTURELLE
Les drag-queens ne sont guère les seuls artistes à faire vivre un alter ego. Diverses milieux le permettent, notamment l’industrie du X et l’art du burlesque desquels sont respectivement issus l’acteur porno gai montréalais Brandon Jones ainsi que Fairy Floss, qui existe également au sein des duos Les Jumelles et Les Reines, avec qui elle partage la scène en compagnie de Mim Jackson.

Ce statut leur a permi de développer une certaine notoriété auprès du public. Il est donc normal de les approcher afin de promouvoir certains événements. Fairy Floss faisait parti de l’impression line up d’artistes qui figuraient au menu de la soirée du 21 février 2016 qui a accuillie celle que plusieurs considère comme la plus grande artiste burlesque au monde, j’ai nommé Dita Von Teese. Brandon Jones de son côté, par exemple, copilote depuis plusieurs années le tapis rouge du Gala des drags aux côtés de Gisele Lullaby. Le milieu des drag-queens regorgent d’un nombre impressionnants d’artistes suffisamment dégourdis pour couvrir ce genre d’événement. Toutefois, Brandon et Gisele sont des meilleurs amis dans la vie. Cette complicité qui les unie transcende de leur intimité, leur permettant ainsi de faire ensemble un tel événement. La complicité dont il est question dans cet article se voit ici. Il n’en demeure pas moins que Brandon Jones est qui il est et que sa présence accorde une plus-value au gala.

Ces bonnes relations peuvent se traduire également entre deux univers artistiques. Le club Unity tient à l’occasion une soirée appelée Obscene où le sexe est à l’honneur. Brandon Jones, qui y travaille et qui agit comme tête d’affiche de l’événement, a tenu a avoir son amie Fairy Floss lors de l’une des éditions afin que l’on dissocie la soirée de la pornographie en lui accordant un cachet plus raffiné.

Je ne voudrais pas tomber ici dans le piège du mondin après avoir mis en lumière le travail communautaire qui se fait dans le village. Ces mêmes personnages ont aussi un apport à la communauté lorsqu’ils ne sont pas sous les projecteurs. Brandon juge qu’il est important de s’entraider et ce, qu’importe le milieu duquel on provient. Malgré le statut que son métier lui procure, il tient à demeurer accessible. C’est important pour lui de faire avancer la commaunté ensemble. Il prône le fait que demeurer soi-même peut nous mener loin. Si cela peut en inspier, c’est un pari qu’il aura gagné. Brandon souligne d’ailleurs une implication plus importante de nos drag-queens dans la commnauté qu’ailleurs, comme aux États-Unis par exemple. Dominique Lavergne pourrait en témoigner longuement avec la présence sous plusieurs fronts de celles-ci lors des festivités de Fierté. Elles peuvent s’adapter à tous les publics. Christsn Tanguay a même approché certaines drag-queems afin qu’elles premnent part à une lecture publique de comptes à des enfants dans le cadre de l’édition 2016.

Mine de rien, le croisement est plus présent qu’on ne pourrait le penser. Il ne se présente toutefois plus comme un mouton noir. L’un des exemples les plus évocateurs serait l’utilisation du fétichisme dans la sphère artistique. Le magasin Priape s’est proposé comme point de vente des billets pour le spectacle de Dita von Teese puisque les artistes burlesques permettent une belle vitrine sur les produits qui sont rattachés au fétiche et que le Priape offre dans sa boutique. Les drag-queens commencent aussi de plus en plus à intégrer des costumes de cette veine dans leur numéro. Tout fini par s’interrelier. Il va de soit qu’il est difficile de couvrir en un seul article un sujet qui ratisse aussi large, mais je trouvais qu’il était important de souligner l’apport qu’ont certains organismes pour la communauté LGBT. Le village est peut-être trop souvent perçu comme un lieu où sortir, boire et manger alors qu’un nombre considérable d’invidus travaillent en ces rues à l’avancement d’une cause pour laquelle, rien n’est encore gagnée malgré les avancées majeures des dernières années.

Le prochain Bingo de Fierté aura lieu le mercredi 30 mars au Cabaret Mado. La 10e édition de Fierté, dont la couleur cette année eat vert, se tiendra du 8 au 14 aout. Le défila, tant qu’à lui, aura lieu la dernière journée de l’événement, soit le dimanche 14 août.

Suivez les actions des soeurs de la Perpétuelle espérance dans le village. Elles tiendront d’ailleurs une lecture de contes avec des drag-queens dans la cadre de l’édition 2016 de Fierté.

Site web de Rézo

Brandon Jones fait parti des têtes d’affiche du personnel au Unity.

Fairy Floss donne des cours de groupe de création de personnage burlesque avec Lady Joséphine à l’école de cette dernière. Fairy sera également de la 1e édition du Festival baggle expo le 22 avril prochain.

 

Site web de Rézo

DOSSIER 1 MARS 2016 – LE MONTAGE D’UN SPECTACLE SOLO (version 2) D’APRÈS L’EXPÉRIENCE DE SASHA BAGA

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Véritable bête de scène, Sasha Baga a su s’imposer depuis ses débuts comme drag-queen il y a près de 6 ans. Dans ce nouveau chapitre sur le montage d’un spectacle solo, qui fut abordé par l’intermédiaire de la première expérience de Darleen au mois d’octobre dernier, je m’intéressserai cette fois-ci au processus sous l’angle de l’expérience. En effet, Sasha cummule pas moins de 5 spectacles en solo, consacrés aux artistes de la pop américaine Rihanna, Beyoncé et Jessie J. Elle était aussi à l’affiche avec sa famille de drag des spectacles House of Baga et Penthouse of Baga. Elle a également pris part aux trois éditions de #Gurlz ainsi que du déluré Switch the bitch dont la prochaine mouture arrive à grand pas, le jeudi 17 mars prochain, et dans laquelle elle sera de retour. L’année en cours ne sera pas moins occupée pour Sasha qui prépare son best of pour juillet au Cabaret Mado. Néanmoins, dans le cadre de cet article, c’est à son spectacle consacré à la chanteuse québécoise Marie-Mai que je m’intéresserai. Sasha foulera les planches du Cabaret Mado pour l’occasion le jeudi 03 mars prochain. Découvrez les dessous de sa préparation en vue de ce spectacle qui s’annonce plus vertigineux qu’elle ne l’aurait anticipé.

Les inspirations autour desquelles s’articulent le spectacle que Sasha s’apprête à présenter proviennent de l’un des concerts donnés par Marie-Mai au Centre Bell ainsi que de son spectacle en résidence au Théâtre St-Denis. Ce qui a motivé Sasha à s’attaquer à cet icône locale est lié à l’énergie que l’artiste dégage sur scène, toute en symbiose avec le grand éploiement de la production. Elle salue le fait qu’une interprète de chez nous soit capable de livrer des spectacles comparables aux plus grandes stars internationales. Dans cet optique, il était tout à fait logique que Sasha s’inspire des spectacles de Marie-Mai qui réflétaient cela. Toutefois, Sasha s’était grandement donné lors de son dernier spectacle en date, c’est-à-dire son spectacle consacré à Beyoncé qui lui a d’ailleurs valu le prix du meilleur spectacle présenté au Cabaret Mado lors du plus récent Gala des drags. Elle voulait donc aborder ce spectacle de manière plus sobre, un peu comme elle l’avait fait avec celui de Jessie J., mais avec plus de contenu.

Cette sobriété se traduit de plusieurs façons. D’abord, dans un nombre restreint de danseurs qui n’en totalisera que deux. Les numéros impliquants les danseurs ne représenteront que la moitié du spectacle. On pourra également le constater par le fait qu’on y retrouvera moins de frioriture. On mise sur la simplicité et l’efficacité: 1 perruque et 4 costumes. Malgré cela, Sasha a tenu à ce qu’on lui confectionne des kits sur mesure dont une réplique d’une robe portée par Marie-Mai au Centre Bell et deux reproductions de costumes de scène de sa résidence. Pour le reste, elle a puisé son inspiration dans l’univers de la chanteuse, notamment dans l’un de ses clips. Marie-Mai a connu une variation capilaire au fil des ans, mais c’est un look actuel que nous retrouverons le 03 mars prochain avec une magnifique perruque blonde revampée pour la cause par une consoeur de Sasha, Celes.
Le désir de monter ce spectacle hante Sasha depuis près d’un an alors qu’elle a eu la chance de rencontrer Marie-Mai en personne. Cette proximité, dans le marché québécois, apporte son lot d’incertitudes qui mène à ce vertige dont j’ai parlé précédemment. En effet, même si le fait de chanter en français se présente comme un avantage, notamment dans l’apprentissage des chansons, mais aussi dans le rapport qu’entretient Sasha avec celle-ci, Sasha éprouve un certain incofort. Ce dernier s’explique par la fait que Sasha et Marie-Mai sont de la même génération, ils ont presque le même âge et qu’elles soient du même coin de pays. Même si quelque part, Sasha aimerait que Marie-Mai soit présente dans la salle, c’est quelque chose qui l’intimiderait si elle le savait au moment de performer.

Sasha a un côté humain très développé qui la rend particulièrement sensible. Ainsi, elle redoute de faire trois chansons qui la replongeront systématiquement dans des souvenirs précis. C’est une habitué des platines du Cabaret Mado, DJ Lady McCoy, qui a chapeauté le showlist du spectacle comptant pas moins de 18 titres. Sasha veut un spectacle vivant, donc il sera livré quasi non-stop. Ça promet!
C’est avec humilité que Sasha sait que c’est la réputation qu’elle s’est forgée avec le temps et son impressionnat C.V. qui risque d’attirer les foules. Toutefois, l’intérêt pour l’artiste peut jouer aussi. Il y aurait dans ce cas un échange mutuel dans la découverte. C’est pourquoi, au final, Sasha a espoir que le public se rappelle de ce spectacle de manière positive. Même si à chaque nouveau projet, c’est plus difficile car le challenge est toujours plus gros, Sasha saura vaincre sa crainte de ne pas répondre aux attentes de la clientèle qui lui est fidèle puisqu’elle arbore un style qu’on lui connaît moins. Ayant vu tous ses spectacles, j’ai foi en son grand talent. Vous en jugerez par vous même le 03 mars prochain au Cabaret Mado.

À venir également pour Sasha: Best of de Sasha cet été: 21 juillet au Cabaret Mado, pour sa fête
Vous pouvez suivre Sasha Baga sur Facebook

 

DOSSIER FÉVRIER 2016 – LE MILIEU UNDERGROUND VU PAR DEUX DRAG-QUEENS DE LA RELÈVE

On croit à tord que le village gai de Montréal fait office de lieu unique pour les drag-queens comme endroit où performer. Pourtant, le milieu underground, plus méconnu, a pris d’assault des salles à l’extérieur du village qui attire son public. Ainsi, ce marché ne jouit pas d’une réputation établie où un peu n’importe qui répond à l’appel. Au contraire, la clientèle qui lui est associée sait où se rendre et pourquoi elle le fait. Deux drag-queens, pourtant issue du village gai grâce à la compétition Drag-moi qu’anime Marla Deer tous les automnes depuis 6 ans au Cabaret Mado, apprivoisent depuis leur sortie le milieu underground. Il est question de Heaven Genderck, ganante de la 5e édition, ainsi que Anaconda La Sabrosa, candidate lors de cette même édition. Découvrez avec leurs yeux de jeunes recrues la vision qu’elles ont du milieu underground.

Commençons d’abord par définir leur vision d’une drag-queen underground. Heaven tout comme Anaconda s’entendent pour dire que c’est un milieu de diversité où l’aspect artistique prime davantage sur le milieu duquel on relève principalement. C’est-à-dire que même si les personnages de Heaven et Anaconda sont connus comme étant des drag-queens, ces dernières ne se définissent pas nécessairement comme tel. En effet, Heaven se considère à la fois drag-queen, oui, mais également artiste de cirque et artiste burlesque. Pour eux, le personnage transcende le reste. Pour Heaven, ce qu’il a développé pour son personnage s’apperente à tous les univers mentionnés précédemment. On pourrait ajouter de plus que les drag-queens qui oeuvrent dans le milieu underground sont pour la plupart déconnectées de ce qui se fait dans le village. Il y a alors aucune influence de part et d’autre.

Pour sa part, Anaconda salue le fait qu’on puisse jumeler l’aspect glam et trash. On peut affirmer sans se tromper que le milieu underground fait place à moins de censure car on n’a pas de « moule » à respecter. C’est un milieu dans lequel on cherche à provoquer des réactions, susciter la réflexion. Il y a donc toujours quelque chose à retirer du spectacle auquel on prend part. En effet, dans ces soirées, le public fait autant parti du spectacle. Lorsqu’on est sur scène, on s’attend beaucoup de lui. On le sait participatif car, comme ce genre de soirées n’est pas mainstream, les spectateurs on pris le temps de se déplacer et savent à quoi s’en tenir.

Tentons maintenant de comprendre pour quelles raisons le milieu underground n’arrive pas à de tailler une place au sein du village. D’abord, les deux bars du village, soit le Cabaret Mado et le bar Le Cocktail, ont définient avec les années un certain cadre. Cela fait en sorte que plusieurs artistes ne peuvent pas s’exprimer dans l’approche artistique dont ils voudraient. À l’extérieur du village, les scènes ne sont pas rattachées à un genre spécifique, donc plus d’ouverture . Cela s’avère être un couteau à double tranchant comme le souligne Anaconda puisque les artistes doivent faire plus de publicités. Il n’y aucune régularité dans les soirées comme on peut retrouver dans d’autres bars comme ceux du village tels qu’énumérés précédemment. Les salles qui accueillent des spectacles underground ne sont pas étiquettées comme des lieux où va simpement pour sortir. Quand on s’y rend, c’est qu’on sait ce qu’il y a. Selon Heaven, c’est beaucoup la réputation de l’artiste qui va attirer le public vers leurs spectacles.
Parmi ces lieux et soirées, on peut penser au Wiggle room, qui offre des spectacles burlesques et de plus en plus de drag-queens underground, au café Cléopâtre, au Cirque de Boudoir, au Fringe festival, à la soirée Miss Van Horn (un pendant underground à Drag-moi et Miss Cocktail) et j’en passe. Il va de soit que le milieu undergound est plus vaste encore. Il n’en demeure pas moins que cet article est une ouverture vers d’autres articles qui décortiqueront davantage le milieu underground, notamment avec l’entrevue de ce mois-ci sur l’artiste burlesque (et pluridisciplinaire) Rosie (Genderfck) Bourgeoisie.

DOSSIER DÉCEMBRE 2015 – LES RELATIONS FAMILIALES COMME SYSTÈME DE MENTORAT

La vision des relations familiales chez les drag-queens varie considérablement d’une famille à l’autre. Il est clair toutefois pour chacune d’elle que la mère incarne l’image qui découle sur la descendance. Tout en restant qui elles sont, chaque drag-queen adoptée dans une famille répond en quelque part à cette image que reflète la famille. Le lien qui unie mère et fille doit se traduire par une connivence personnelle et artisitque. Rita fait mention que « être la mère d’une drag est qu’on devient le mentor d’un artiste. Pour le faire, il faut avoir beaucoup de temps à lui accorder. » Ce qui veut dire que la fille d’une drag est un projet sur lequel il faut travailler continuellement afin qu’il se raffine, qu’il soit le meilleur possible.

Certaines dynastie de drag-queens, notamment les Deer, ont plusieurs générations. La doyenne doit alors accorder son concentement sur chaque nouvelle venue. Ce

rtaines familles sont nées au travers d’autres familles. Marla par exemple est la fille de Nicole Lamothe, mais a adopté le nom Deer que ses filles ont par la suite perpétué. Cela n’enlève rien au fait qu’elle soit une Lamothe. Comme Kitana le souligne, « ce n’est pas le nom qui fait la famille, c’est notre relation ensemble. » Au final, les relations familiales transcendent les rapports professionnels et se sont de belles amitiés qui naissent à l’issu de tout ça. Découvrez comment les mères d’Anastasia, Peggy Sue, Kelly Torrieli, Kitana, Sasha et Ruby les ont aidé dans leur parcours comme drag-queen. Vous comprendrez ainsi les particularités familiales pour ces six familles qui ont répondu à l’appel.
Anastasia
Mère: Sandra Sunshyne

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Sandra a rapidement pris soin d’Anastasia. Ce fut le soir de l’audition d’Anastasia au Cabaret Mado dans le cadre de Dream académie. Elle a jugé qu’on se devait de l’épauler. Elle s’est alors accordée cette responsabilité. Ce qui caractérise la famile Sunshyne est l’accent mis sur l’esthétique dont le maquillage et la côté glamour. Au-delà de ce qui pourrait sembler superficiel, il y a aussi tout un aspect d’entraide auprès de leurs consoeurs. Il s’agit d’un néritage que chacune des descedantes de Soleil, la doyenne de la famille, voilaient perpétuer de cette dernière. Cet aspect a permis d’établie des bases solides qui ont unie les membre de la famille dans leur vie de tous les jours. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire de spectacle pour cette famille. Anastasia considère Sandra d’une certaine manière comme une mère dans sa propre vie, comme garçon. Cet attachement plus particulier en ce qui la concerne lui est propre en raison d’une situation personnelle survenue dans sa vie quand il était plus jeune.

 

Peggy Sue
Mère: Barbada de Barbades

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Barbada a surtout été un mentor spirituel pour Peggy. Une sorte de coach de vie plutôt qu’un mentor de drag. Barbada taquine d’ailleurs souvent Peggy à ce propos, du fait qu’elle ne l’a jamais aidé pour ses costumes et makeup. Elle a néanmoins été très présente pour tout ce qui relève de l’attitude et de la personnalité. Bref, comment être une meilleure personne, sur la scène comme en coulisse. Pour Peggy, c’est le fait qu’elles soient opposées, mais qu’elles se complètent qui caractèrise les de Barbades. Cela permet de se challenger mutuellement.

 

Kelly Torrieli
Mère: Dream

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Hommage:
 » Elle m’a montrée qu’il ne faut jamais abandonner, on peut toujours « se revirer sur un 10¢ » comme elle m’a dit des centaines de fois et c’est toujours ce que j’essaie de faire ! Je ne serais pas la drag-queen que je suis aujourd’hui sans Dream, je ne sais même pas si je serais drag-queen point. Je prendrais le temps pour te remercier mommy d’amour, ça n’a pas toujours été facile, pour toi, pour moi, pour nous, mais sache qu’on a toujours trouvé moyen de se redonner le sourire et de continuer ! Merci pour tous les conseils, les conversations, les tapes dans le dos qui ont toujours fait que je pouvais continuer sur le droit chemin. MERCI ! »
Dream a proposé à Kelly de faire un numéro lors du lancement de sa nouvelle soirée qui allait débuter, Dream académie». Lors de cette soirée, Dream lui a dit qu’elle voulait lui donner sa chance. Elle voyait vu du potentiel en kelly. Cela n’a pas toujours été rose entre les deux. Un véritable parcours de montagnes russes. Kelly cherchait tellement à impressionner sa mère qu’elle l’écoutait aveuglément jusqu’à la limite d’y laisser ses propres idées de création. C’est grâce à Tracy Trash que la mère et la fille ont pu renouer… Pour de bon. Elle leur a fait comprendre que Dream était assurément, quoi qu’on puisse en dire, la mère de Dream. Le tout s’est soldé lors d’un numéro spécial marquant le 12e anniversaire de carrière de Dream que Kelly lui a livré. Il fallait qu’elles se parlent pour remettre les pandules à l’heure, à la lumière de tout ça.

 

Kitana Sweet
Mère: Marla Deer

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Hommage:
« Mother, darling, thank you so much for everything. You’re amazing. Continue to inspire me with every show that you do. Keep you and I love you. Eat shit and dieYou’re daughter Kitana. »

Marla est quelqu’un de théâtral, comme Kitana. C’est un élément qui leur a permis de nouer des liens. Marla a beaucoup aidé Kitana dans ses mixes et ses mises en scène pour y retrouver une logique, une histoire. Une performance n’est pas qu’une simple performance. Cette logique dans le travail a assurément fait son petit bout de chemin pour Kitana. Bref, Marla a beaucoup aidé Kitana d’un point de vue technique.
Elle se sent privéligiée de faire parti de la famille Deer, donc ultimement des Lamothe. Kitana a dit oui tout de suite lorsque Marla lui a demandé. Kitana lui rappelait l’univers de sa mère Nicole.

Sasha Baga
Mère: Rita Baga

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Hommage:
« Merci de m’avoir fait cet honneur, de m’avoir pris sous ton aile et de faire parti de ma vie au quotidien. Parce que dans le monde de la drag, c’est vraiment difficile de percer. Tu as vu en moi ce que plusieurs ne voyaient pas. Je te remercie d’avoir pris ton temps et d’avoir été patiente, parce que je ne suis vraimeng pas une personne facile. Je suis gentille, mais je suis bornée. Tu m’as donné des trucs et des opportunités incroyables. Ça ne fait que commencer. Tu n’arrêtes jamais de me proposer des choses. Merci d’avoir vu en moi une Baga. Merci également au temps, à l’éngergie et à la passion que tu as mis sur moi. »

C’est Rita a qui a poussé pour Sasha ait une audition à Dream académie. Rita l’avait déjà approché pour lui donner des conseils, notamment en vue de cette dite audition. Elle s’était assurée de préparer Sasha à quoi faire et ne pas faire une fois au Cabaret Mado. Rita se heurtait toutefois au refus constant de Sasha qu’elle devienne sa fille puisqu’elle en avait déjà une où elle travaillait, au Drugstore. Des drag-queens du Cabaret Mado lui ont laissé savoir que si Rita lui demandait d’être sa mère, elle devait dire oui car cela allait lui apporter beaucoup. Après des mois, Sasha accepte enfin. C’est alros que son personnage explose suite à une série de rencontres mère-fille. Rita a consacré beaucoup de son temps pour conseiller Sasha dans ses looks, dans ses mekeup, tout en respectant le personnage (elle lui a présenté d’une nouvelle façon).

L’énergie dégagée sur scène est selon Sasha ce qui distingue la famille Baga. Le nom Baga est associé à Sasha jusqu’à la fin de sa carrière. Porter ce nom a grandement aidé Sasha à se faire valoir là où le n’aurait peut-être pas considéré. Rita ne voulait pas d’enfant, alors le fair qu’elle ait adopté Sasha en dit long sur ce qu’elle a vu en elle. Rita a le caractère et la franchise de dire les bons et mes mauvais coups de Sasha (authentique avec elle).

Ruby
Mère: Mado Lamothe

Hommage:
« Malgré le peu de temps depuis qu’on se connaît, j’aimerais que tu saches l’impact que tu as eu sur moi d’un point de vue personnel. Tu m’as beaucoup aidé dans les périodes difficiles de ma vie. Tu as démontrer un véritable rôle de mère, présente pour tes filles. »

Ruby a trouvé beaucoup de points en commun avec Mado, au-delà du monde de la drag, davantage à propos de qui ils sont… Ce qui a mené à une belle amitié. Cela a accroché Mado. Mado est très généreuse. Elle donne beaucoup de conseils en géneral, mais avec sa fille, elle était plus rough. Cela lui a permis de pousser ses limites plus loin encore. Ruby avait la caractère pour absorber cela, que la critique soit positive ou négative. Cette approche a permis à Ruby de sortir de sa coquille et s’affirmer davantage, d’être moins gênée. Malgré une carrière de 15 ans en danse qui l’a familiarisée avec la scène, Ruby ne s’assumait pas totalement en tant que femme, il y avait une aisance à aller chercher. C’est beaucoup sur cet aspect que la relation Ruby-Mado s’est dessinée.

DOSSIER NOVEMBRE 2015 – LA RÉALITÉ DU MÉTIER À QUÉBEC

Depuis la mise en chantier de mon blogue, je me suis concentré sur la réalité du métier de drag-queen à Montréal. Afin de rendre justice au talent qui existe au-delà de la métropole, j’ai voulu m’intéresser à la réalité du métier dans la ville de Québec. Contrairement à Montréal qui jouit de la présence d’un village gai, Québec n’a que le Drague pour palier à l’ensemble de la communauté LGBT là-bas. Ce bar mythique de la Vielle-Capitale regroupe sous un même toit bar, cabaret et club. Son volet cabaret laisse la place à un éventail de drag-queens dont la renommée locale est très forte. Même si certaines dont Océanne, qui a remporté le prix de la drag-queen de l’extérieur s’étant le plus illustrée à Montréal lors du tout premier gala des Drags, dans la plupart des cas, c’est au Drague ça se passe pour elles. Quelques-unes dont Réglisse, Destiny, LaGladu et Lady Boom Boom ont acceptées de témoigner de leur métier tel que vécu à Québec, comparativement à Montréal.

Pour certaines comme LaGladu, il n’y a pas tant de différence entre Montréal et Québec.  Il s’agit simplement d’une «passion qui coûte chère et qui n’est pas rentable». Pour elle, le public n’a aucune constance dans la reconnaissance des drag-queens au sein de la commuanuté LGBT, une part de celui-ci les encense et pour l’autre, elle se «fout de nous littéralement». Ayant vécue et travaillée aux deux endroits,  LaGladu considère être en mesure de pouvoir en témoigner ainsi.

Parmi les intervenantes, Destiny est la seule qui est sans domincile fixe, c’est-à-dire que les portes du Cabaret Mado et du bar Le Cocktail à Montréal ainsi que le Drague de Québec lui sont ouvertes. Elle était donc dans une position idéale pour faire la distinction entre la réalité du métier telle qu’elle est vécu de part et d’autre. Destiny anime depuis près de 4 ans au Drague de Québec. Au départ, c’était une fois par mois, depuis peu, c’est au deux semaines. Destiny est d’avis qu’il faut savoir faire sa place tant à Québec qu’à Montréal. Il faut être en mesure de montrer ce que l’on vaut pour espérer être invité.

À l’instar de Montréal, le bassin de drag-queens à Québec est moins nombreux. Cela est peut-être une conséquence de la limitation des lieux où performer à laquelle elles sont confrontées. Cela a néanmoins des répercussions positives. En effet, les liens entres les drag-queens sont tissés très serrés comme une grande famille. Elles sont prête à s’entraider. Les drag-queens d’expérience comme Réglisse agissent auprès de ce bassin comme un mentor. Il est d’ailleurs très important pour cette dernière de faire place à la relève. Depuis son retour dans les rangs du Drague de Québec, il était important pour elle de remettre sur les rails Les auditions d’une star ouvertes aux drag-queens et aux danseurs. Cela est une opportunité pour des personnes avec peu ou pas d’expérience de s’essayer sur une scène et de bénificier des bons conseils d’une femme d’expérience. Pour sa part, Lady Boom Boom défend le fait qu’il faut avoir la fibre artistique pour se lancer dans ce milieu. Il faut le faire pour les bonnes raisons. Il ne faut pas s’attendre à être au sommet dès le départ, ce que dont Destiny se désole avec certaines drag-queens de la relève.

À Montréal, il faut travailler fort pour aspirer faire carrière. Les opporunités pour la relève sont restreinte depuis la fin de Dream académie et la fermture du Drugstore. Tout ne repose que sur Drag-moi qu’anime Marla Deer au Cabaret Mado et le concours Miss Cocktail. Toutefois, tout demeure une affaire de contact la plupart du temps. Comme le souligne Destiny, contrairement à lorsqu’elle a débuté dans les métiers, tout est beaucoup plus accessible. Outre cette accessibilité, qui permet de de s’équiper, il n’en demeure pas moins qu’il faut savoir se maquiller et trouver les endroits où avoir ses premières chances pour ainsi mieux revenir.

Ces opportunités extérieures, à Québec, elles sont quasi inexistantes. Destiny pense qu’ils “aimeraient ça travailler plus, mais que malheureusement, ils ne peuvent pas”,  du au fait que Québec n’a que le Drague. Il y a plus de portes ouvertes à Montréal pour faire des contrats, des corpo.

En même temps, ces désavantages sont-ils atténués lorsqu’on pense à la fine pointe de la technologie à laquelle les drag-queens de Québec jouissent au Drague. Réglisse en fait un point d’honneur. Le bar est toujours à l’avant-garde comparativement à l’ensemble des autres bars à vocation similaire. Travailler à un seul endroit mais qui offre une aussi belle qualité de travail, est-ce un beaume pour compenser tout le reste? Malgré tout, il ne faut pas négliger l’appel du public. Le large éventail qu’offre Montréal peut en faire rêver plus d’un qui travaille à l’extérieur de Montréal. On a demandé à Lady Boom Boom si elle avait le choix de travailler à Montréal ou Québec, elle prendrait pour Montréal simplement en raison du marché. Elle rappelle qu’à Québec, le fait que le Drague soit à vocation multiple contraint le public à se rendre à un seul endroit pour sortir. Même si le bar est dans les faits, assez bien divisé, toutes ne s’entendent pas. Destiny n’a pour sa part jamais vraiment senti d’animosité de la part de certains spectateurs.

Au final, même si le métier de drag-queen ne représente pas un véritable emploi stable, il n’en demeure pas moins qu’il représente une part importante dans la vie  de bon nombre de drag-queens. Il faut être allumé par ce qu’on fait, il ne faut pas se l’imposer comme le rappelle Lady Boom Boom.

DOSSIER OCTOBRE 2015 – L’OUVERTURE DE L’INDUSTRIE SUR LES FEMMES QUI PRATIQUENT LE MÉTIER DE DRAG-QUEEN

La présence de femmes qui pratiquent le métier de drag-queen est un phénomène devenu commun en Europe. Lorsqu’on se transporte en Amérique, la réalité est toute autre, notamment au Québec. Certaines commencent à ouvrir la voie dont Vanity Baga et Miss Daniels Vyxen. Il ne faut pas confondre avec les drag-kings, soit des femmes qui performent des artistes masculins. Au-delà de ces femmes qui sont parvenues à faire leur marque, il a fallu que l’industrie déjà établie depuis des décennies à Montréal témoigne d’une ouverture. Cette brèche s’est notamment instauré grâce à Marla Deer et son concept de show-réalité opposant sur scène à chaque semaine dans une variété de numéros la relève des drag-queens. Dès la première édition, on pouvait compter parmi les concurrentes une véritable femme. C’est d’ailleurs elle, Mimi Fontaine, qui a remporté les grands honneurs. Il est rassurant de voir que leur présence dans le métier ne s’éteigne pas après leur participation à la compétition. C’est donc dire que d’autres drag-queens respectent leur présence au sein de l’industrie en leur offrant des opportunités de performer. Vanity et Miss Daniels ont même trouvé refuge dans une famille de drag-queens, ayant chacune comme mentor des personnalités d’envergures telles que Rita Baga dans le cas de Vanity et Phoenix en ce qui concerne Miss Daniels. Est-ce toutefois unanime? C’est ce que vous découvrirez grâce aux témoignages d’Érica, Miss Daniels Vyxen, Anacadonda La Sabrosa et LadyPoonana.

L’ouverture est relative et diffère d’une drag à l’autre. Il n’en demeure pas moins que la demande est là. LadyPoonana estime sans doute que celles qui se disent de véritables drag-queens peuvent sous-estimer les femmes qui pratiquent le métier. C’est cet aspect qui motive grandement Miss Daniels Vyxen. Pour elle, le fait de devoir prendre sa place en se battant pour se prouver est le moteur de sa stimulation professionnelle liée à l’industrie des drag-queens. Le métier de drag-queen est un art, qu’importe celui qui le pratique. « Tu pousses un personnage à fond » comme en témoigne Miss Daniels Vyxen. Anaconda ajoute également qu’être drag-queen, ce n’est pas qu’avoir un look féminin, tu dois avoir quelque chose à montrer comme par exemple, savoir danser ou être comique. Ces aspects répondent aux fondements du métier de drag-queen.

À une autre époque, sans doute les femmes n’auraient peut-être pas trouver leur place dans l’industrie. Il ne faut toutefois pas oublié qu’être drag-queen est avant tout une caricature. C’est donc pousser plus loin, exagérer même, la femme. Il faut garder en tête que les femmes sont toutefois limitées dans les avenues qu’elles peuvent prendre en ce qui concerne leur personnage de scène. Une véritable femme peut difficilement miser sur un personnage de salope, on lui reprocherait de tomber dans les clichés. C’est ce qu’on pourrait qualifier être un mal pour un bien. LadyPoonana mentionne qu’adopter un tel personnage serait un peu de tomber dans la « facilité ». Le défi est considérable pour une femme qui se lance dans le métier puisqu’elle doit puiser au fond d’elle et stimuler une seconde nature qui donnera vie à leur alter ego dans un genre tout à fait distinctif et qui soit assez loin d’elle. Une femme ne doit pas tomber dans le piège de se rapprocher de ce qu’elle est vraiment. LadyPoonana qui participe à la présente saison de Drag-moi a souligné avoir déjà laissé sa vraie nature prendre le dessus lors d’un numéro. Il faut donc demeurer prudent.

LadyPoonana mentionne également que la personnification pour une femme est un terrain duquel il faut se garder éloigné. Elle estime qu’il est préférable pour une femme, du moins pour elle, de mettre de l’avant son propre personnage et d’en faire quelqu’un d’indépendant, qui répond à son propre style parce qu’il ne ressemble à rien d’autre, ni une autre drag, ni un artiste.

Miss Daniels Vyxen et LadyPoonana s’entendent pour dire que le fait qu’on les présente comnme étant des femmes avant leur numéro leur nuit, les personnes sont moins intriguées. Miss Daniels Vyxen adore jouer sur l’ambiguïté sexuelle que leur présence provoque chez le spectateur qui n’arrive pas à déterminer réellement s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Certaines hommes drag-queen y arrivent, alors pourquoi ce plaisir pourrait ne pas être partagé par les femmes drag-queen? Même si l’ouverture n’est pas totale, pour certaines drag-queens comme LadyPoonana, être drag-queen est une véritable seconde nature. Elle a toujours senti que ce métier-là était fait pour elle. Il est donc normal de ne pas vouloir se sentir stigmatisé dans son propre domaine sous prétexte qu’on représente une différence.

Avoir le courage de ses opinions, ce n’est pas donné à tout le monde. Érica a accepté de prendre part au dossier et d’offrir un contre-parti. Il juge « qu’il n’aura pas un grand avenir » pour les femmes dans le métier, du moins, pour l’instant. Il soutient notamment qu’un homme qui personnifie une femme a davantage de chance d’attirer le public que les femmes. Sans vouloir avoir de parti pris, je ne citerai pas les deux femmes drag-queens qui ont pris part au dossier ici pour réfuter ce qu’Érica avance. Anaconda de son côté, en tant qu’homme qui pratique le métier, juge la qualité et la diversité proposé par les femmes actives qui pratiquent le métier de drag-queen est sommes toute assez riche et considère que leur proposition s’inscrit amplement dans le paysage déjà en place de l’industrie des drag-queens. Érica a raison lorsqu’elle fait soulève le fait qu’on ne les voit que très peu. De mon côté, je nuancerais en disant qu’on ne les voit que trop peu. Miss Daniels Vyxen a réussi à se bâtir une solide réputation depuis la fin de sa participation à Drag-moi il y a 2 ans. Je vous invite d’ailleurs à lire son portrait actuellement en ligne sur mon blogue. Chose certaine, elles ne sont pas des faux-queens comme s’amusent certaines personnes de l’industrie à les appeler. On peut comprendre que l’acceptation n’est pas unanime, mais la connotation de ce terme est trop forte. 

LadyPoonana prendre part à l’actuelle saison de Drag-moi au Cabaret Mado

Miss Daniels Vyxen tiendra prochaine au Unity une nouvelle soirée Obsène.

Érica est en vedette sur mon blogue dans la section entrevue comme designer.

DOSSIER SEPTEMBRE 2015 – LA CONCEPTION D’UN SPECTACLE SOLO D’APRÈS LA PREMIÈRE EXPÉRIENCE DE DARLEEN

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Le Cabaret Mado et le bar Le Cocktail ont été l’hôte d’une variété impressionnante de spectacles au cours des dernières années. Lorsqu’une drag-queen décide de s’investir dans un projet de si grand envergure, elle se met littéralement à nue. L’investissement en temps, argent et énergie pour la réalisation d’un tel projet est plus que considérable. Le point de départ : un concept de base. Pour certaines, cela peut se traduire par un spectacle complet consacré à un seul artiste alors que pour d’autres, c’est un thème comme Disney ou Broadway par exemple. Au travers du parcours de Darleen dans la mise en chantier de son tout premier spectacle solo qui sera consacré à la star de la pop Katy Perry, je vous invite dans les coulisses de ces étapes qui mènent à la consécration de ce genre de spectacle.

La première étape pour Darleen fut de soumettre à Mado un dossier dans lequel étaient contenus tous les détails de son concept de base. Plus une drag-queen est préparée et sait où elle s’en va, plus les chances que son projet soit accepté sont élevées. L’étape suivante fut de déterminer de qui elle allait s’entourer. Le personnel qui collabore à l’industrie des drag-queens est restreint. Il était donc aisé pour elle de dénicher des personnes avec qui elle pourrait travailler.

Son choix de chorégraphe s’est arrêté sur Marc-André Caron, un danseur et chorégraphe avec qui elle travaille tous les week-ends depuis qu’elle a joint les nanettes, c’est-à-dire les danseurs et les drag-queens qui performent lors des numéros à Nana. Marc-André jouit d’une expérience lui venant des nombreux spectacles auxquels il a pris part. Pour ses costumes, Darleen s’est tourné vers le savoir-faire du designer Jonathan Grandolfo. Jonathan est impliqué depuis des années auprès des drag-queens et a lui aussi assisté bon nombre d’entre elles avec leur spectacle. Une grosse pression vient ainsi de tomber alors que deux des pions les plus importants ont été mis en place. Cette collaboration, dans son cas, s’est officialisée jusqu’à six mois plus tôt. Elle s’était donc accordé la latitude nécessaire afin de bien travailler ces choix de chansons, de costumes et de mise en scène tout en privilégiant un partage des tâches équitablement avec ses partenaires.

Une fois que les principaux acteurs ont été sélectionnés, la drag-queen peut passer à la prochaine étape. Il est donc le temps de songer aux chansons qui se retrouveront dans le spectacle. Pour y parvenir, il est essentiel de bien connaître l’artiste que l’on va personnifier. Dans le cas de Darleen, elle a opté pour une rétrospective de la carrière de Katy Perry. Afin de maximiser le résultat lors du spectacle, Darleen et sont chorégraphes ont passé en revue la liste des chansons et les ont réparties selon plusieurs critères. Au final, ces chansons ont été regroupées sous septs différents tableaux thématiques. Cela a pour but de dynamiser le spectacle, de faciliter les changements de costumes, de mieux travailler les chorégraphies et de joindre au spectacle des chansons moins connues du grand public.

Pour les chorégraphies, Darleen et Marc-André ont pris soin d’aller chercher l’inspiration dans les vidéoclips en majeure partie car ils sont plus grand public, mais aussi dans les performances live, surtout pour les chansons plus méconnues. Toutefois, le chorégraphe doit s’adapter à certaines contraintes afin d’être en mesure de reproduire le plus fidèlement possible ce qu’ils ont retenu de l’œuvre de Katy Perry. Ces contraintes sont principalement liées à l’espace. Darleen présentera son spectacle au Cabaret Mado, la scène a des dimensions et une hauteur qui doivent être pris en considération.

Les costumes représentent une part importante dans les contraintes. En plus d’être à l’image de l’artiste, les costumes, comme pour n’importe quel autre spectacle, doivent être adaptés en fonction des chorégraphies dans lesquelles ils seront portés ainsi qu’aux changements de costumes. Il va de soi que ces contraintes ont une incidence sur les chorégraphies et vice versa. Darleen s’est imposé une contrainte personnelle afin de livrer au public de la nouveauté. Elle ne tenait pas à recycler des costumes qu’elle avait déjà.

Parmi les autres contraintes qu’une drag-queen va rencontrer lors de son parcours, on peut penser aux danseurs, à l’adaptation des horaires et des choix de mise en scène. Dans le cas de Darleen, elle a éprouvé beaucoup de difficulté à recruter des danseurs en raison de Fierté qui venait se terminer et pour lequel les danseurs avaient beaucoup été sollicités lors des différents événements qui s’y sont déroulés. Part of me laissera la place à un nombre équitable de garçons et de filles totalisant huit danseurs.

Outre les danseurs, le chorégraphe et le designer, d’autres personnes sont impliquées de près ou de loin dans la réalisation du spectacle. Parmi celles-ci, on peut relever le DJ, le coiffeur et tout le personnel présent lors du moment venu. Darleen a fait appel à  sa sœur drag-queen Kitana pour assurer l’admission et à Madame Simone pour solliciter les piétons à l’extérieur, offrir un premier contact

Bref, un spectacle d’envergure comme celui-ci nécessite un investissement complet de la part de la drag-queen. Un tel spectacle contient en moyenne une vingtaine de chansons, ce qui équivaut à un spectacle d’une durée d’environ une heure et demie. Pour sa part, Darleen a décidé d’offrir 26 chansons. La soirée aura d’ailleurs des airs de fête puisque l’événement coïncidera avec son 4ème anniversaire de carrière. Au final, malgré toute l’expertise mise en commun lors des préparatifs du spectacle, c’est le public qui aura le dernier mot. Comme n’importe quel autre projet des arts de la scène, il est impossible d’en déterminer le succès à l’avance.

« Part of me, c’est un spectacle qu’on risque d’entendre parler encore et encore. Que du beau, que du nouveau, que du fantastique. C’est un rendez-vous. » Darleen Honey Deer

Darleen Honey Deer présente Part of me au Cabaret Mado le jeudi 15 octobre 22h. #DHDKP

Billets disponibles dès le début du mois de septembre auprès d’elle ou à la porte du Cabaret Mado : 10$ en prévente, 13$ à la porte le soir de l’événement.

La page Facebook de Darleen

DOSSIER AOÛT 2015 – MON EXPÉRIENCE COMME DRAG-QUEEN

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Le jeudi 25 juin dernier, dans le cadre de ma levée de fonds, j’ai décidé de vivre l’expérience d’être drag-queen, le temps d’une soirée. Un pari audacieux pour quelqu’un à la forte pilosité. Quelque part au fond de moi, avant de lancer ce blogue, j’étais en questionnement si je voulais ou non m’essayer dans cette industrie. Je me suis dit que mon blogue m’offrait une occasion en or de joindre l’utile à l’agréable et de vivre de l’intérieur ce dont je traite sur mon blogue. Retour sur une expérience unique dont je me rappellerai toujours.

Au moment de préparer ma levée de fonds, j’étais occupé dans différents dossiers, notamment par mon déménagement et mon emploi d’été qui arrivait. J’ai donc tardé à faire un choix de chanson. Malgré ma bonne volonté, je me suis décidé la veille de ma prestation. Afin de faciliter mon lip-sync, j’ai arrêté mon choix sur une pièce de la chanteuse française Shy’m, « Victoire ».

Une fois que je suis arrivé sur place, j’étais bien évidemment emballé par ma levée de fonds, mais éprouvait une certaine nervosité par ce qui m’attendait. De base, je suis un client régulier du Cabaret Mado et particulièrement familier avec l’industrie des drag-queens. Mais le fait de traverser de l’autre côté provoquait en moi un certain inconfort. Du moins, c’est quelque chose auquel j’ai fini par me convaincre car une fois que je me suis retrouvé assis, prêt à me faire maquiller, j’étais devenu étrangement zen.

Il semblerait que ma volonté pas très lointaine d’avoir déjà voulu essayé m’avait rattrapée au point de me faire sentir bien. Lorsqu’Érica a commencé à s’exécuter, je me voyais déjà être devenu femme. L’idée de faire carrière comme drag-queen m’avait à tel point habité que je m’étais déjà donné un nom. Dans ma tête, Érica était l’un des médecins qui allaient donner naissance à Ludivine. Le résultat est l’amalgame du travail d’Érica, en majeure partie, mais également avec la touche de celles qui ont performées lors de ma levée de fonds, à savoir Rita Baga, Phoenix et Sasha.

L’élément qui m’a mis totalement confortable au final fut les talons hauts. Un accessoire vestimentaire qui relève de la gente féminine qui est venu m’accorder le petit quelque chose qui manquait afin de me sentir totalement crédible dans mon rôle. Une fois à mes pieds, je me suis installé devant le miroir dans le but d’admirer la personne que j’étais devenue. J’ai pratiqué ma chanson quelques fois avant que l’envi de me montrer me prenne. Je suis alors monté à l’étage voir mon amie Catherine qui s’occupait de l’admission. C’est à ce moment que ¸je me suis aperçu de la crédibilité de la transformation alors que personne ne me reconnaissait, même pas l’un de mes meilleurs amis que je connais depuis près de 12 ans. Le travail de mes maquilleuses était alors indirectement salué.

Une fois de retour dans les loges, j’ai repris la pratique de ma chanson. Toutefois, plus le spectacle avançait, plus je me mélangeais dans mes paroles. Le stress s’installait tranquillement, mais j’arrivais à garder le contrôle. Lorsque Rita Baga m’eut présenté, j’ai senti que c’était en moi une seconde nature. Je me suis aperçu que sur scène, on ne voit que très peu le public en raison de l’éclairage qui aveugle. C’était un élément auquel je n’avais pas pensé et qui m’a rassuré. Les personnes qui étaient présentes dans la salle étaient pour la plupart des membres de ma famille et des amis, alors je ne tenais pas à faire face à leur regard rivé sur moi.

Quand ma performance fut terminée, j’avais le sentiment du devoir accompli. Je m’étais prouvé que j’étais capable de le faire et… je n’avais pas trébuché avec mes talons. Je savais pertinemment ce que j’aurais dû faire afin que ma prestation soit meilleure encore. L’important était surtout de l’essayer. Par ailleurs, le public était conquis. Je me dis que ce que j’ai dénoté devra être amélioré une prochaine fois…

DOSSIER JUILLET 2015 – LA RETRAITE CHEZ LES DRAG-QUEENS

Les raisons qui poussent une personne à vouloir joindre l’industrie des drag-queens sont diverses. Les raisons qui motivent ces mêmes personnes à mettre un terme à leur carrière le sont toutes autant. Cinq anciennes drag-queens ont acceptées de revenir avec moi sur leur carrière afin de mieux comprendre ce qui les a poussées à se retirer. Grâce à la généreuse collaboration de Pascal Guilbault, Steve Poitras (alias Velma Velour), François Dallaire (alias Frankie Knight), Brian Charbonneau (alias Sheena Hershey) et Jean-Marc St-Yves (alias miss Jean-Marc), vous aurez aussi droit, à travers leur parcours, à un survol de 25 ans d’histoire de cette industrie du spectacle à Montréal. Pour lancer mon blogue, il me fait plaisir de vous présenter mon premier dossier consacré à la retraite chez les drag-queens.

Malgré des carrières distinctes pour chacun d’eux, certains éléments se recoupent néanmoins en ce qui attrait aux motivations qui ont menées à leur retraite. Deux se distinguent davantage que les autres. D’un côté, il est question du rythme difficile qu’impose le travail de nuit dans les bars. Ce n’est pas quelque chose dont on se rend compte spontanément. Il y a des étapes pour y arriver. Pascal soulève notamment le négativisme du personnel de bar, tant sur le plancher que sur la scène, face auquel il pouvait être insensible mais qui avec le temps, a fini par peser dans la balance. Pour François, c’est l’amalgame des mauvais côtés qui ont fini par l’épuiser sur le long terme. D’un autre côté, il est surtout question de l’âge. Plusieurs ne se voyaient pas encore faire ce métier rendu à un certain âge. Toutefois, lorsqu’on a fait ça durant une bonne partie de sa vie, il est difficile d’envisager la suite des choses. Il va de soi que cette raison est intimement liée à la précédente, mais relève néanmoins d’autres facteurs sous-jacents dont le désir d’une certaine stabilité. Brian le résume parfaitement: « Je crois que vient le temps de se développer personnellement, s’assurer d’avoir de la sécurité, financière et d’emploi. On veut s’établir. » On peut en comprendre qu’après un certain temps, après avoir donné vie durant plusieurs années à un personnage, son alter ego, il est temps de penser à soi en tant qu’homme.

C’est là que les opinions divergent considérablement. Pour certains, dont Pascal, il est clair que sa vie comme drag-queen appartient au passé alors que pour Jean-Marc et François, le désir d’en refaire est toujours présent. L’industrie a beaucoup changé au fil des ans. Prendre la décision d’y replonger implique de se remettre en question. Certains perçoivent cette situation comme un frein. “C’est inquiétant, on sait pas de quoi on va avoir l’air » souligne Jean-Marc. En ce sens, d’autres défendent le fait que créer un personnage d’une telle envergure est comme mettre un enfant au monde, un moment donné, il n’est plus sous notre protection. Brian emploie les mots justes pour définir ce point de vue: « Quand on crée une personne qui est plus grand que soi, il ne nous appartient plus. Il devient une image populaire dans le subconscient collectif de la communauté gai ici à Montréal. »

Malgré qu’ils aient nourri le « subconscient collectif » du village gai de Montréal avec des personnages forts, pour Steve, il n’était pas question de prioriser Velma à ses dépends en tant qu’homme. Il a soulevé les difficultés que représentaient le fait d’occuper cet emploi lorsque venait le temps de penser à une relation amoureuse stable. Malgré une longue histoire avec un homme durant plus de 10 ans qui vivait très bien avec cela, il est en mesure de constater que ce n’est pas le cas avec tout le monde: « Il y a des gens que ça ne dérangent pas, qui ont fini par faire le deuil en se disant que c’est le métier, le personnage qui gagne. Mais moi, j’aurais pas sacrifié ma vie de gars pour mon personnage. » Il a aussi remarqué que les gens associent le fait d’être drag-queen à une sexualité tordue.

Cette association à une sexualité tordue s’est sans doute propagée avec la venue des hétérosexuels dans au sein du village gai de Montréal. C’est d’ailleurs un phénomène qui a fortement dérangé Pascal. À la suite d’une émission spéciale de Claire Lamarche enregistrée au cabaret L’entre-peau, situé où se trouve actuellement le Cabaret Mado, afin de mieux comprendre la réalité du métier des drag-queens, une masse importante d’hétérosexuels s’est mise à fréquenter le village gai comme s’il s’agissait de quelque chose de tendance. Cette ouverture sur le village ne l’était pas tout à fait. Les drag-queens avaient l’impression de se faire observer comme des bêtes de scènes. Ce phénomène a miné le moral de Pascal lors de se tournant majeur pour la communauté LGBT.

Bref, plusieurs facteurs ont joués pour chacun d’entre eux afin de prendre leur décision. Malgré une volonté réelle de reprendre du service, ils sont tous conscient de l’évolution du métier depuis les dernières années et les difficultés qui y sont associées maintenant. Au bout du compte, la plupart d’entre eux ont continuer d’œuvrer indirectement pour cette industrie, que ce soit comme chorégraphe (Jean-Marc, notamment pour des numéros lors de certaines éditions de Mascara, la nuit des drags et le spectacle de Michel Dorion à la Place des Arts), comme designer (Pascal collabore aux costumes de Miss Butterfly et Rainbow entre autres) ou encore comme drag-queen à temps partiel (Brian avant ses ennuis de santé). Finalement, je crois que tous s’entendent pour dire qu’il important de penser à soi à en tout temps, c’est surtout une façon de s’assurer un avenir qui leur convienne en tant qu’homme.

François 1 François 2 François 3 Jean-Marc 1 Jean-Marc 2 Jean-Marc 3 Pascal 1 Pascal 2 Pascal 3 Sheena 1 Sheena 2 Sheena 3 Velma Velour 1