Dossier

La réalité du métier à Québec

Depuis la mise en chantier de mon blogue, je me suis concentré sur la réalité du métier de drag-queen à Montréal. Afin de rendre justice au talent qui existe au-delà de la métropole, j’ai voulu m’intéresser à la réalité du métier dans la ville de Québec. Contrairement à Montréal qui jouit de la présence d’un village gai, Québec n’a que le Drague pour palier à l’ensemble de la communauté LGBT là-bas. Ce bar mythique de la Vielle-Capitale regroupe sous un même toit bar, cabaret et club. Son volet cabaret laisse la place à un éventail de drag-queens dont la renommée locale est très forte. Même si certaines dont Océanne, qui a remporté le prix de la drag-queen de l’extérieur s’étant le plus illustrée à Montréal lors du tout premier gala des Drags, dans la plupart des cas, c’est au Drague ça se passe pour elles. Quelques-unes dont Réglisse, Destiny, LaGladu et Lady Boom Boom ont acceptées de témoigner de leur métier tel que vécu à Québec, comparativement à Montréal.

Pour certaines comme LaGladu, il n’y a pas tant de différence entre Montréal et Québec.  Il s’agit simplement d’une «passion qui coûte chère et qui n’est pas rentable». Pour elle, le public n’a aucune constance dans la reconnaissance des drag-queens au sein de la commuanuté LGBT, une part de celui-ci les encense et pour l’autre, elle se «fout de nous littéralement». Ayant vécue et travaillée aux deux endroits,  LaGladu considère être en mesure de pouvoir en témoigner ainsi.

Parmi les intervenantes, Destiny est la seule qui est sans domincile fixe, c’est-à-dire que les portes du Cabaret Mado et du bar Le Cocktail à Montréal ainsi que le Drague de Québec lui sont ouvertes. Elle était donc dans une position idéale pour faire la distinction entre la réalité du métier telle qu’elle est vécu de part et d’autre. Destiny anime depuis près de 4 ans au Drague de Québec. Au départ, c’était une fois par mois, depuis peu, c’est au deux semaines. Destiny est d’avis qu’il faut savoir faire sa place tant à Québec qu’à Montréal. Il faut être en mesure de montrer ce que l’on vaut pour espérer être invité.

À l’instar de Montréal, le bassin de drag-queens à Québec est moins nombreux. Cela est peut-être une conséquence de la limitation des lieux où performer à laquelle elles sont confrontées. Cela a néanmoins des répercussions positives. En effet, les liens entres les drag-queens sont tissés très serrés comme une grande famille. Elles sont prête à s’entraider. Les drag-queens d’expérience comme Réglisse agissent auprès de ce bassin comme un mentor. Il est d’ailleurs très important pour cette dernière de faire place à la relève. Depuis son retour dans les rangs du Drague de Québec, il était important pour elle de remettre sur les rails Les auditions d’une star ouvertes aux drag-queens et aux danseurs. Cela est une opportunité pour des personnes avec peu ou pas d’expérience de s’essayer sur une scène et de bénificier des bons conseils d’une femme d’expérience. Pour sa part, Lady Boom Boom défend le fait qu’il faut avoir la fibre artistique pour se lancer dans ce milieu. Il faut le faire pour les bonnes raisons. Il ne faut pas s’attendre à être au sommet dès le départ, ce que dont Destiny se désole avec certaines drag-queens de la relève.

À Montréal, il faut travailler fort pour aspirer faire carrière. Les opporunités pour la relève sont restreinte depuis la fin de Dream académie et la fermture du Drugstore. Tout ne repose que sur Drag-moi qu’anime Marla Deer au Cabaret Mado et le concours Miss Cocktail. Toutefois, tout demeure une affaire de contact la plupart du temps. Comme le souligne Destiny, contrairement à lorsqu’elle a débuté dans les métiers, tout est beaucoup plus accessible. Outre cette accessibilité, qui permet de de s’équiper, il n’en demeure pas moins qu’il faut savoir se maquiller et trouver les endroits où avoir ses premières chances pour ainsi mieux revenir.

Ces opportunités extérieures, à Québec, elles sont quasi inexistantes. Destiny pense qu’ils “aimeraient ça travailler plus, mais que malheureusement, ils ne peuvent pas”,  du au fait que Québec n’a que le Drague. Il y a plus de portes ouvertes à Montréal pour faire des contrats, des corpo.

En même temps, ces désavantages sont-ils atténués lorsqu’on pense à la fine pointe de la technologie à laquelle les drag-queens de Québec jouissent au Drague. Réglisse en fait un point d’honneur. Le bar est toujours à l’avant-garde comparativement à l’ensemble des autres bars à vocation similaire. Travailler à un seul endroit mais qui offre une aussi belle qualité de travail, est-ce un beaume pour compenser tout le reste? Malgré tout, il ne faut pas négliger l’appel du public. Le large éventail qu’offre Montréal peut en faire rêver plus d’un qui travaille à l’extérieur de Montréal. On a demandé à Lady Boom Boom si elle avait le choix de travailler à Montréal ou Québec, elle prendrait pour Montréal simplement en raison du marché. Elle rappelle qu’à Québec, le fait que le Drague soit à vocation multiple contraint le public à se rendre à un seul endroit pour sortir. Même si le bar est dans les faits, assez bien divisé, toutes ne s’entendent pas. Destiny n’a pour sa part jamais vraiment senti d’animosité de la part de certains spectateurs.

Au final, même si le métier de drag-queen ne représente pas un véritable emploi stable, il n’en demeure pas moins qu’il représente une part importante dans la vie  de bon nombre de drag-queens. Il faut être allumé par ce qu’on fait, il ne faut pas se l’imposer comme le rappelle Lady Boom Boom.

 

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