Entrevue

Jean-François James

Animé par le plaisir de danser depuis son tout jeune âge, Jean-François prend la décision à l’âge de 16 ans de suivre des cours de danses. Ces cours le mèneront à l’enseignement à la petite école de sa municipalité. Il viendra un temps où ses études prendront trop de place pour aisément concilier toutes les sphères de sa vie. C’est alors qu’il mettre de côté la danse pendant un certain temps. Quand est venu le temps de sortir dans les clubs, c’est là que Jean-François à commencé à se faire des contacts. Son premier contrat dans ce milieu a été au Unity il y a près de 7 ans. Par la suite, ses nouvelles connaissances lui auront permis de se frayer une chemin jusque dans l’industrie des drag-queens. C’est alors qu’il a commencé à travailler au Cabaret Mado. Il entretient aujourd’hui une relation privilégiée avec ses semblables puisque travailler comme danseur dans ce milieu crée une proximité assez unique. Ces dernières années, Jean-François a beaucoup collaboré auprès de Gisèle Lullaby et Amy Haze dont le plus récent spectacle solo, Piece of Amy, inspiré de l’univers de Britney Spears, est sans doute l’une de ses plus grandes fiertés. Rencontre avec celui que l’on surnomme J-F James, DJ, danseur et… chorégraphe au Cabaret Mado.

  1. À quel point un chorégraphe est-il essentiel au métier de drag-queen?

Je ne crois pas que le mot «essentiel» est le mot exact. Il est plutôt question de collaboration réciproque, car dans le mot drag-queen, il n’y a pas de chorégraphe: une drag queen peut facilement se débrouiller sans. Tout dépend des habiletés de l’artiste. Certaines drag-queens n’ont pas besoin de danseurs afin de se démarquer, et d’autre oui. Tout est dans l’attitude de la drag-queen!

     2. Quel est le défi du chorégraphe dans la performance d’une drag-queen?

Le plus gros défi est d’intégrer la drag-queen dans un chorégraphie sans qu’elle se fonde avec les autres danseurs. Je m’explique: une drag-queen qui exécute tous les mouvements de A à Z se font facilement avec les autres danseurs et perd toute attention du public. Le défi est de lui faire faire des mouvements équivalent mais qui suit le beat de la chorégraphie tout en lui laissant des moments de  free  style comme  j’aime les appeler. Ce sont des moments dans le numéro où la drag-queen peut faire ce qu’elle veut pendant un certain nombre de temps avant de reprendre la chorégraphie avec les danseurs. Je crois que c’est souvent le plus gros défi afin de rendre le numéro d’une bonne qualité. Dans mon cas, j’aime beaucoup la personnification autant de la drag-queen que dans les numéros. J’aime entendre les gens dire : «wow, la drag-queen lui ressemble vraiment!», « Hey regarde, ils ont refait la même chorégraphie que dans son spectacle!», etc. J’aime présenter des numéro « look a like » !

    3. Exercer ce métier dans l’industrie de la drag-queen vous fait-il prendre des avenues auxquelles vous n’auriez pas pensez aller?

J’explore beaucoup d’aspect de la danse vers lesquels je n’aurais pas penser me diriger. J’aime essayer de nouvelles choses dans mes numéros afin de me diversifier dans mes créations. Que se soit un style de danse, des objets, des déplacements, des costumes, des changements de costumes, du jeu, j’aime me dépasser.

     4. Comment s’orchestre la création d’une chorégraphie dans le milieu de la drag? Retrouve-t-on des contraintes particulières?

Dans mon cas, j’aime beaucoup me donner des défis en jouant avec la musique. Faire des medleys, des remix, modifier la chanson, rajouter des punch  afin de donner un petit plus a la chanson et de la rendre différente de la version qu’on entend sans arrêt à la radio.

Je crois que l’orchestration d’une chorégraphie se fait partout pareil, pas seulement dans le milieu de la drag-queen. Chaque chorégraphe travail d’une façon différente; certains vont écrire leur chorégraphie, d’autres, comme moi, allons répéter et répéter sans arrêt devant le miroir afin d’assimiler par coeur la séquence de mouvements. J’écoute beaucoup la chanson avant la chorégraphie. Je porte une attention particulière aux beats afin de trouver des mouvements fluides et qui marcheront avec le style musical!

Les contraintes sont souvent les mêmes, peu importe le domaine. On doit s’adapter à un certain espace, des parfois grands, d’autres fois petits. C’est un facteur qui joue beaucoup dans la chorégraphie et qui va permettre de jouer avec l’environnement et d’intégrer plusieurs éléments dans le numéro; chaises, costumes, pirouette, animation, etc.! Le nombre de danseurs peut jouer aussi dans l’élaboration d’une chorégraphie. À force de travailler souvent avec les même danseurs, on développe une complicité sur la scène et que nous sommes capable de se comprendre sans même se parler! Parfois, nous devons nous ajuster directement dans le numéro même pendant que nous sommes sur la scène parce qu’il est arrivé une situation X qui nous forces à changer des élèvent: changement de costumes manqué, talon cassé, costumes déchire, drag-queen qui oubli ces mouvements, musique qui saute, accélérer, ralenti, etc!

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