Dossier

MTL Queens

La couverture des activités LGBTQ+ dans son ensemble n’est pas très présente. De surcroît, le milieu du drag en souffre également. Certains médias tels que le Fugues et LGBT in the city l’abordent occasionnellement, mais n’en font pas une spécialité. Depuis près de deux ans, deux jeunes femmes ont développé MTL Queen : une page Facebook et un compte Instagram ayant pour mission de relater au quotidien tout ce qui se fait dans les principaux établissements qui présentent des spectacles de drag-queen, du District vidéo lounge au complexe Sky, en passant par le bar le café Cléopâtre, le bar le Cocktail et le Cabaret Mado. Cette plateforme, très visuelle par son contenu photo et vidéo, s’inscrit comme un parfait complément à mon blogue. L’initiative de Bruna Florio et Daphnée Schryve est née après avoir cumulé très rapidement plusieurs vidéos. Leur projet est à l’image des comptes Twitter que les fans de RuPaul’s drag race alimentent, meublés d’extraits d’émissions, de gif et de photos. Bruna sortait déjà pour assister à Bagalicious quand son amie Zinc s’est inscrite à Drag-moi. Outre ce rendez-vous hebdomadaire auquel nos deux intéressées prenaient part, elles se donnaient rendez-vous également chaque jeudi à Deux folles en or que menaient Michel Dorion et Miss Butterfly. À cette époque, leur connaissance du milieu du drag ne se limitait qu’à ce que RuPaul’s drag race proposait. Depuis qu’elles ont lancé MTL Queens, leur perception du milieu a grandement cheminée. C’est cet aspect que j’ai voulu approfondir lors de notre entretient. Je vous invite à découvrir les conclusions qu’elles ont tirées depuis qu’elles ne sont plus que de simples spectatrices.

Comme pour une majorité de personnes qui ne fréquentent pas le village, la seule drag-queen qui arrive à faire écho auprès d’elle est Mado. Bruna et Daphnée n’en faisaient pas exception. Depuis qu’elles couvrent de plus près la scène drag, d’autres personnalités se sont révélées à elles telles que Rita Baga et Miss Butterfly. Depuis qu’elles sont en âge de sortir, la chose qui les a le plus accroché est l’univers du drag. Ainsi, tous les soirs, elles ratissent le village afin d’assister au plus de spectacles de drags qu’elles peuvent. MTL Queens est le prétexte qu’elles se sont donné afin de partager leur expérience au plus grand nombre de personnes.

Pour Bruna et Daphnée, ce projet n’est pas éphémère. Elles lui souhaitent une longue vie. Elles prévoient d’ailleurs décliner leur offre autrement, notamment sur Youtube par le biais de vlogues, dans les coulisses, ou encore un podcast, sous forme d’entrevues. Elles s’inspireraient de ce que Gisèle Lullaby a fait lors de la dernière saison de Drag-moi alors qu’elle filmait beaucoup de contenu et agrippait les drags au passage dans les coulisses. Elles feraient des vidéos afin de jeter un regard différent sur leur quotidien, leur style de vie, quand elles sortent dans les bars.

Les conclusions qu’elles retirent du milieu du drag n’est pas tant le manque de couverture, mais le manque de connaissance de l’utilisation des médias sociaux par les drags. Il y a plusieurs manières de s’y prendre pour attirer son lot d’abonnées, mais ce ne sont pas toutes les drags qui savent s’y prendre. Pour elles, la contrainte linguistique liée au français crée une barrière pour d’éventuelles ouvertures. À leurs yeux, Uma Gahd est la drag-queen qui englobe le mieux ces deux réalités : elle est anglophone, donc elle arrive à ratisser plus large, et son marketing sur les médias sociaux est au point. Bruna et Daphnée sont elles-mêmes anglophones, leur réseau social l’est tout autant. Elles affirment que leur intérêt pour les drag-queens locales est né grâce à RuPaul drag’s race. Il en va de même pour leurs amis. Or, ceux-ci sont principalement anglophones et ne sont en mesure d’apprécier autant la scène drag montréalaise.

Outre les difficultés liées à la langue, elles ont été ravies de constater la proximité que peut avoir le public avec les drag-queens ici. Même si elles sont du public, elles ont l’impression de faire partie de la famille. Elles ont été accueillies par le milieu. Il y a eu une véritable connexion entre elles et Miss Butterfly ainsi que Rita Baga qui sont devenues de véritables inspirations. Avant de fréquenter d’aussi près la scène drag à Montréal, pour elles, le look était l’élément le plus important. Depuis, elles sont d’avis que c’est surtout l’énergie. Certaines drag-queens ne sont pas ce qu’on appelle des drags à look, ou encore, abordent des styles différents, moins « standards », c’est pourquoi l’énergie qu’elles dégagent devient plus important.

Il s’agit d’un court aperçu d’un travail au quotidien que Bruna et Daphnée font. Je vous invite donc à aller voir leur travail en suivant leur page Facebook et leur compte Instagram… et par la bande, je vous invite vous aussi à aller encourager nos drag-queens locales. #SupportOurLocalQueens

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