Critique

Gala des drags 2018

Dimanche dernier, le 4 novembre, marquait la nouvelle édition du gala annuel des drags du village. Par les années passées, le gala s’opérait en deux parties, l’une au bar le Cocktail et l’autre au Cabaret Mado. Depuis la reprise du gala, inspirée de la formule imaginée par Dream à l’époque, les deux animatrices ont toujours été  Michel Dorion et Rita Baga. Cette année, la communauté des drags voulait un gala plus grand, qui s’apparentait davantage à une formule « traditionnelle », Ainsi, le gala s’est exporté vers le National, au cœur du village, avec Christine Morency aux commandes, une humoriste de la relève qui n’a pas la langue dans sa poche. Les drags ont pu s’illustrer dans 25 catégories, incluant celles du prix citron et du plus beau look du tapis rouge qui était animé encore une fois cette année par l’incomparable Gisèle Lullaby. À l’issu de ce gala de près de trois heures, nous avons eu droit à du rire, de l’émotion, des performances enflammées et des surprises. Je vous invite à revenir sur cette soirée haute en couleurs.

Visiblement très à l’aise, Christine Morency a donné le ton à la soirée. Familière du milieu des drags, Christine n’a pas hésité à écorcher certaines drag-queens au passage dont Gisèle Lullaby et Darleen. Rita Baga fut invitée à remettre le premier prix de la soirée. En tant qu’administratrice de la soirée, elle est venue apporter certaines clarifications sur le déroulement de la soirée et le processus de votation qui fut mis en place afin de déterminer les gagnants.

Parmi les gagnantes, nous avons eu droit à plusieurs nouveaux visages, mais surtout des artistes qui ont véritablement rayonnés dans la dernière année. LaDrag On-Fly est la drag-queen ayant reçu le plus grand nombre de nominations. Elle a du toutefois se contenter du trophée dans la catégorie originalité et celui pour spectacle de l’année qu’elle partageait avec ses consœurs des Spice drags, c’est-à-dire Gisèle Lullaby, Kiara, Peach et Tracy Trash, pour leur spectacle hommage aux Spice girls. À ma grande surprise, elle brillait par son absence dans la catégorie drag de l’année, là où je l’aurais très bien vu l’emporter. Néanmoins, je ne suis pas déçu du résultat. C’est Rita Baga qui a mis la main sur le trophée le plus convoité de la soirée. Au moment de recevoir ce prix, Rita en était à sa deuxième récompense puisqu’elle avait remporté un peu plus tôt dans la soirée le trophée dans la catégorie extravaganza.

Parmi les autres drag-queens a avoir mis la main sur plus d’un trophée, nous retrouvons Bobépine,  Gisèle Lullaby, Peach, Petula Claque et Uma Gahd. Bobépine s’est distinguée dans les catégories découverte et évolution. Tel qu’évoqué précédemment, Peach avait remporté le trophée du spectacle de l’année au Cabaret Mado, mais a également mis la main sur le trophée designer de l’année, ex aequo avec Ruby Doll. J’érais particulièrement ravi de voir deux drag-queens l’emporter dans une catégorie technique, démontrant ainsi leur grande versatilité. Petula Claque a remporté officieusement deux prix. Elle a remporté le prix du plus beau look du tapis rouge des mains de sa mère, Gisèle Lullaby, aux côtés de qui elle avait  remporté le prix miss personnalité en début de soirée. Finalement, de son côté, Uma Gahd a tiré son épingle du jeu dans les catégories lip-sync et drag s’étant le plus illustré hors du village. Elle en a profité dans son discours pour mentionner que cela faisait deux ans qu’elle talonnait Rita Baga afin que ces drags soient également reconnus lors de ce gala. C’est par l’intermédiaire de cette nouvelle catégorie que l’entente s’est conclue.

Parmi les autres lauréates de la soirée, nous retrouvions Emma Dejavu pour makeup transformation grâce à ses looks incroyables qu’il est plaisant de découvrir lorsqu’on a la suit sur les médias sociaux, Aleera Verushka pour makeup beauté, Marla Deer pour la petite comique, Miss Butterfly pour la party animal, Sasha Baga pour la petite truie et Wendy Warhol comme star des réseaux sociaux. Dans les grosses catégories, Chouchoune l’a emporté sur l’une des favorites, LaDrag On-Fly avec son numéro Peanut butter jelly, dans la catégorie numéro de l’année grâce à son numéro inspiré du film du Greatest showman lors du spectacle-événement Illusions présenté en ouverture de Fierté cette année. Chouchoune a partagé ce prix avec son chorégraphe Marc-André Caron. Michel Dorion et Rainbow se sont distinguées pour leur spectacle hommage à Shania Twain dans la catégorie du meilleur spectacle présenté au bar le Cocktail. Dans les autres catégories techniques, c’est Martin Alarie qui a succédé à Joshua Belair dans la catégorie conception de perruques et Lady McCoy fut couronnée comme DJ de l’année. Cette édition-ci marquait le retour du prix remis au client de l’année. C’est sans surprise Artsy et Bruna qui ont mis la main sur la récompense.

Le prix hommage avait été annoncé par Michel Dorion et devait être remis à son ami de longue date Nana de Grèce. Or, une fois sur scène, Nana semblait mal à l’aise. Elle affirmait s’attendre à recevoir ce prix et que, pour des raisons qui lui était difficile à exprimer, elle préférait que ce soit Jean-Sébastien Boudreault, vice-président de Fierté Montréal, qui vienne prendre la parole. Ce subterfuge avait été mis en place afin de surprendre Michel Dorion car cette dernière est impliquée dans l’organisation du gala des drags et on cherchait à lui faire la surprise. Michel Dorion célébrait cette année ses 30 ans de vie artistique et il s’agissait là d’une belle occasion de le souligner. Le public présent dans la salle lui a spontanément offert une ovation debout bien méritée.

Afin de maximiser le temps, on avait demandé aux lauréats de ne pas s’éterniser dans des remerciements fleuves. Ironiquement, ce sont davantage les présentateurs qui jonglaient avec du temps emprunté qui aurait pu être réinvesti afin de permettre aux gagnants de livrer des remerciements à l’image de tout bon gala. Il faut toutefois ne pas passer sous silence l’excellente présentation de Nana pour le prix de la petite comique où elle n’a pas hésité à rire de l’actualité d’Hubert Lenoir à l’appropriation culturelle.

Le gala fut ponctué de performances d’artistes invités. La plus faible demeure celle de Tranna Wintour, une femme trans, qui fut présentée en début de gala. Les autres performances ont su mettre de l’ambiance au National. On pense notamment aux performances vocales de l’ex-candidate de La Voix Alexe et l’icône du début des années 2000s Gabrielle Destroismaisons qui nous a interprété son succès souvenir Et Cetera. Nous avons également eu droit à de la visite d’Ottawa avec Jade London et des États-Unis avec le drag-king numéro au pays, Landon Cider, qui en était à sa première présence scénique dans la métropole. Je trouve qu’à une époque où on parle de soutenir nos drags locales, surtout dans le cadre d’un gala qui célèbre l’excellence de cette industrie, il aurait été bon de présenté lors du gala, et non lors de l’after-party, des performances de drags de chez nous.

En sommes, ce fut un gala réussi grâce à la verve de Christine Morency, mais également grâce à l’ambiance électrique qui régnait au National. Ce gala est sur la bonne voie. Depuis sa résurrection, il ne cesse de prendre de l’expansion. Nous lui souhaitons encore longue vie et on se dit… à l’année prochaine.

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