Portrait

Lily Flower: Une réflexion de vie

Article écrit par Edward Sanger

Les raisons de pratiquer l’art du drag sont propres à chacun d’entre nous. Que ce soit un défi personnel, un second souffle ou encore, une identité à découvrir, les choix sont multiples. Pour Lily Flower, c’est un message qu’elle livre.

Lily Flower est née en 3 phases. En premier lieu, une étincelle avait commencé à briller quand elle s’est mise à pratiquer le théâtre dans une école pour garçons en interprétant des rôles féminins.

La seconde fois était en 1973. Elle s’est forgé un personnage et a fait un bout de chemin pendant deux années comme personnificateur féminin et mannequin.

Finalement, c’est 40 ans plus tard, que cette grande dame fait son apparition aux yeux du monde. Avec maintenant 4 ans d’expérience, Lily Flower brille par son énergie et son vécu.

Son nom à l’origine était Karina. Une personnalité plus réservée en 1973. Son nom actuel est venu spontanément et c’était idéal pour le prononcer dans les deux langues. Aussi, cet artiste avait confectionné une robe à fleurs pour marquer le commencement de son nouveau patronyme.

Sur scène, elle se démarque par son style old school. Elle danse, elle confectionne ses propres costumes et elle est capable de faire un numéro sensuel avec élégance. Elle est aussi théâtrale dans ses lip sync pour montrer toute une gamme d’émotions à son public.

Elle apporte également sa touche personnelle en chantant pour montrer qu’elle n’a pas peur de prendre des risques. Audacieuse, elle a déjà chanté The Impossible Dream au bar Le Cocktail.

« La drag, c’est l’alter ego. C’est se permettre de se montrer sous toutes ces facettes. Mais également pour se faire plaisir. »

Lily Flower

Sans avoir reçu d’aide ou avoir bénéficié d’un mentor dans le monde de la drag, Lily Flower a tout appris par elle-même, en s’inspirant de l’énergie des mannequins et du couturier Thierry Mugler, pour la mode, elle se démarque par son énergie et sa passion.

L’artiste derrière le maquillage

Bien que vous ne la connaissiez sans doute pas, sachez que l’homme derrière le maquillage est un personnage unique en lui-même, qui maitrise plusieurs cordes à son arc et avec un bagage artistique impressionnant.

Bernard Rochon est un coiffeur de renommée internationale. Dans le métier depuis ces 20 ans, il a travaillé pour de nombreuses marques telles que L’Oréal Paris, Revlon Réalistic, Bonat, Scrupules, Schwarzkoff et Lakmé.

De plus, il a contribué dans les coiffures de plusieurs vedettes comme Nanette Workman, Rock Voisine, Jano Bergeron, la regrettée Renée Martel ou encore, Eartha Kitt.

Dans son parcours, il a gagné de nombreux prix dans le domaine de la coiffure. Parmi eux, on peut mentionner Le Championnat du Québec en 1976, coupe avant garde. Il avait remporté les prix dans les catégories suivantes : Coiffure du jour, Coiffure du soir et Coiffure de haute fantaisie.

En 1982, il a été le champion du Top Fashion Hair Stylist Overside Award

Très pointilleux dans son travail, il a rapidement grimpé dans les échelons. En 1986, il reçoit des méritas, symbole pour souligner son talent et sa persévérance. Cela l’a amené à être représentant du Canada dans le domaine de la coiffure au niveau provincial et international.

Par la suite, il fera plusieurs passages dans des chroniques et publiera des articles traitant de beauté et de coiffure dans divers magazines, notamment Le guide pratique de la coiffure pour elle & lui aux éditions Edimag.

La maitrise des ciseaux n’est pas le seul talent artistique de Bernard Ronchon. Cette corde lui a permis de percer dans le domaine de la télévision et de la photographie de mode. Aussi, il harmonise les arts de la peinture et de la photographie de portrait.

En nous partageant sa passion du pinceau, depuis qu’il est adolescent, et l’art de l’image, cet artiste réalise des œuvres uniques, notamment du body-painting avec du boudoir. En peignant lui-même ses arrière-plans et ses modèles, cela lui prend trois heures au maximum avant de commencer à photographier les gens et le fond qui se mélangent avec perfection.

Dans les règles de la courtoisie et grâce à son œil entraîné, on retrouve des modèles audacieux n’ayant pas peur de se dévêtir pour nous raconter une histoire à travers les images.

Grâce à cela, Bernard Ronchon a participé à quelques expositions : au restaurant Quoi de neuf, à Montréal, en 2009, à l’exposition internationale Projet Hope aux éditions de 2010 et 2011, au Festival Altern’Art à Québec en 2010 et au restaurant l’Oeufrier en 2012 et 2013.

Grâce à son regard aiguisé, il a publié son livre photo : La couleur des hommes.

Un jour à la fois

Avant que Lily Flower ne vienne au monde, Bernard Rochon n’avait pas eu une route facile. Au contraire, elle a été semée d’embûches et d’obstacles. Un parcours chaotique où la perte de son identité et la consommation ont été présentes.

À 35 ans, la pensée et le désir de mourir étaient là. Par la suite, une surdose est venue compliquer la situation. Mais heureusement, il s’en est sorti.

Après cet événement, Bernard Ronchon s’est pris en main pour pouvoir aider les autres. À force de persévérance, il a réussi à décrocher un diplôme en psychoreligiologie, en 1997, pour être intervenant et aider les gens dans des situations néfastes. Il a surtout aidé ceux ayant différentes dépendances ainsi que des gens en phase terminale. Durant cette période éprouvante, il a perdu tous ses amis masculins ainsi que son fils spirituel, son frère et sa mère. Dans son parcours, il a œuvré pendant 20 années auprès des organismes communautaires.

Un second épisode de sa vie à fait en sorte que Lily Flower a été une renaissance et une alarme.

À l’âge de 62 ans, Bernard est passé proche de mourir d’une embolie pulmonaire. Un problème de santé dû au fait qu’un caillot sanguin s’est logée dans l’aorte, empêchant l’accès du sang dans ses deux poumons.

La prise de conscience d’être passé à deux doigts de la mort lui a fait réaliser que la vie est imprévisible et qu’il ne faut jamais avoir de regrets. Lily Flower, son personnage, est pour lui une thérapie par la joie et le plaisir.

« Cela m’a permis de m’amuser, me payer la traite, rire et divertir mon public.»

Bernard Rochon

Artiste polyvalent, grand coiffeur aux mains d’argent (que vous pouvez d’ailleurs retrouver au salon Coiffure signée Jean-François Mantha) est grande source d’inspiration. Lily Flower/Bernard Rochon est un personnage où la détermination est puissante qui arrive à montrer que malgré les faux pas, il s’est toujours possible de se relever avec force et de continuer à persévérer.

À 67 ans, Lily Flower en est maintenant à sa 32e année d’abstinence de consommations toxiques et célèbre 50 ans de pratique de vie comme coiffeur styliste.  

Bien que ces projets soient encore méconnus à ce jour, garder l’œil ouvert sur les réseaux sociaux.

Cet artiste pointilleux vit un jour à la fois, sans penser au passé et sans craindre le futur. Mais quand il réalise un projet, cela vaut la peine d’attendre, car nous risquons d’être surpris par son sens de l’esthétisme.

Finalement, Bernard Rochon représente la beauté sous toutes ses formes pour mettre en valeur son histoire, ses inspirations et les gens autour de lui.

« J’ai fait la paix avec mon passé. J’ai trié mes forces. Je ne changerais pas qui je suis même si j’avais la possibilité de modifier le passé. Car j’ai fait preuve de résilience pour être qui je suis. »

Lily Flower

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