Entrevue

Peach

S’il y a bien une chose que les drag-queens de chez nous ne manquent pas, c’est de créativité. L’idée la plus saugrenue peut s’avérer être l’idée de départ d’un grand projet. Comme n’importe quel artiste, les drag-queens ont elles aussi un bassin d’artistes qui les inspirent. On cherche alors à les glorifier au mieux, en investissant le temps, l’énergie et l’argent que l’on peut bien y accorder. Ainsi, des artistes telles que Cher, Lady Gaga, Kylie Minogue, Beyoncé, Pink, Annie Lennox et j’en passe auront eu droit à un spectacle solo orchestré par une drag-queen et son équipe, grandement appuyé par un chorégraphe. Je reviens sur cette notion d’investissement qu’on peut et non qu’on veut. À l’instar d’autres métiers de la scène culturelle, les drag-queens pratiquent ce métier en marge d’une vie parallèle qui leur permet de faire vivre leur alter ego. Heureusement, cet aspect n’est pas un élément qui soit perceptible à chaque occasion. Dans la plupart des cas, les drag-queens se sont appliquées et s’y sont pris assez longtemps à l’avance pour ne pas se piéger elles-mêmes. Parmi celles-ci, il y a des plus motivées que d’autres, avec une impressionnante volonté d’offrir le meilleur. C’est le cas notamment de Peach qui planche actuellement sur un spectacle hommage consacré au groupe des Spice girls qui célèbre cette année ses 20 ans de carrière. Témoin de tout ce qui se fait depuis des années sur ce groupe et conscient qu’il s’agit d’une icône de la communauté LGBT, elle s’est demandé qu’est-ce Peach pourrait faire qui ne s’est pas encore vu sur elles. C’est ainsi qu’elle a décidé de produire son propre spectacle sur lequel elle aurait un droit de regard entier et qu’elle orienterait comme un véritable hommage avec des personnifications « look alike ». Voici un aperçu du métier de producteur à travers les yeux de Peach et de son projet sur les Spice girls que l’on attend sur les planches du Cabaret Mado le jeudi 23 juin prochain.

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L’idée de produire ses propres spectacles est né d’un déclic de ne plus attendre que les autres le choisisse pour des contrats. Elle voulait s’offrir la liberté de le faire selon ses projets et les standards qui s’y rattachent. En s’occupant de tout, il s’agit davantage de son projet. De plus, cela lui permet de refaire le spectacle quand elle veut et la totalité de la production lui appartient. Lorsqu’il s’agit d’une projet collectif, chacun fournit son matériel à certaines exceptions près. Dans ce cas-ci, elle évite ce piège et rend la production accessible à tout moment si on lui demande. Étant habile de ses mains en couture, elle peut aisément retoucher les costumes s’il s’avérait que la distribution ne soit pas la même.

Elle se connaît suffisamment pour savoir qu’elle est personne exigente qui sait ce qu’elle veut. Il y a une grosse part de perfectionnisme, alors tout doit être comme elle l’entend. Afin de contrecarrer le manque de motivation d’autruis, elle a appris à gérer elle-même. Elle anticipe ses projets longtemps à l’avance afin de les laisser murir tout en s’équipant tranquillement. Ainsi, quand l’idée est ferme, elle a déjà les bases et le projet est plus facile à vendre auprès de consoeurs puisqu’elle offre du concret.

Dans le cas de Peach, la production implique un large éventail: costumes, perruques, showlist, mixte des chansons, calendriers (shooting photo, tournage de vidéo, pratiques), billets ainsi que le personnel. Peach n’en était pas à sa première expérience lorsqu’elle s’est lancée dans la production de ce spectacle. Elle avait au paravant produit un spectacle solo consacré à la diva Cher, pour lequel elle était le seul maître à bord. Elle est consciente que, malgré cette expérience, toute production est vouée à la perte financière dans le cadre d’une première en raison du grand investissement que cela représente. Par la suite toutefois, tout est à gagner puisque la totalité de ce qui constitut la production lui appartient. Il ne reste qu’à espérer les occasions de pouvoir le monter de nouveau. Il y a certainement une part de volonté qu’il ne faut pas laisser derrière et ainsi ne rien prendre pour acquis.

Peach planche depuis des mois sur ce projet qu’elle a réussi à tenir caché assez longtemps danx un milieu où les nouvelles se propagent rapidement. Lorsqu’elle a senti que projet commençait à s’ébruiter, elle a saisi l’occasion en faisant un coup de marketing sur les réseaux sociaux alors que tous les artistes du spectacle ont publiés en simultané en l’espace de queques minutes la promotion du spectacle. Seuls ceux qui n’étaient pas connectés ce jour-là n’y ont pas été confrontés. Pour un spectacle aussi ambitieux et coûteux que celui-ci, on espère que le public sera au rendez-vous. C’est pourquoi il était important de frapper un grand coup publicitaire. Afin de valider si tout ce travail aura valu le coup, rendez-vous le jeudi 23 juin 22h au Cabaret Mado avec compagnie de Peach, Gisele Lullaby, Barbada, Ciathanight et LaDrag On-Fly.

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