Entrevue

Marla Deer

Derrière tous les grands succès: un seul nom. Véritable verbo-moteur dans l’expression de l’art, Marla Deer est considérée par plusieurs comme le bras droit de Mado et son célèbre cabaret. Marla a depuis la dernière décennie été la manitou de plusieurs grands succès tels que les lectures publiques de Les belle-soeurs de Michel Tremblay et Le coeur a ses raisons de Marc Brunet, le condencé des cinq premières saisons d’American horror story ou encore le spectacle hommage à l’univers de Disney qui allait de Show white à Mary Poppins en passant par The lion king, The aristocats et Cinderella. Consciente du fait que des hommes qui personnifient des femmes représente en soit une étape dans la création, elle s’amuse a repousser les limites en optant pour des choix audacieux qui, dans tous les cas, ne dénaturent pas l’oeuvre originale. Au contraire, elle permet une relecture qui cadre avec l’univers de la drag et qui permet de mettre de l’avant le savoir-faire de ses consoeurs avec qui elle a envi de se mouiller par ses projets. Entrez dans l’univers éclectique de celle qui fait les beaux jours du monde la nuit à Montréal, Marla Deer.

1. À quel point considères-tu que ton intérêt pour le cinéma et la télévision a influencé ton approche du métier de drag-queen?

C’est ce qui nous anime pratiquement tout le temps. Quand j’étais jeune, étant beaucoup moins âgé que mes frères, je vivais dans mon monde imaginaire. Lorsque j’étais seul, je regardais toute sorte de choses. C’est ce qui a alimenté cet imaginaire. Désormais, je ne peux plus écouter une chanson sans me demander ce que je pourrais faire de différent qui n’aurait pas été fait. Ma créativité s’est nourri par tout ce que j’ai consommé au fil des années. J’ai vraiment écouter de tout.

2. Dans un créneau aussi vaste que le cinéma et la télévision, quel élément va faire en sorte que ton choix s’arrête sur tel projet en particulier?

C’est souvent pour illustrer ce que tu cherches à démontrer. Ça va être également influencée par qui est impliqué dans le projet. Lorsque j’aborde un concept pour lequel je sais que je serai seul, en premier lieu, ce que je vais vouloir faire est de me satisfaire moi. Je vais essayer de trouver une façon d’intégrer un personnage que j’ai toujours voulu faire et avec lequel je serai capable de mettre en scène seul tout en reconnaissant vers où je m’en vais avec mon idée. Lorsque je sais qu’il y a d’autres personnes d’impliquées, j’essaie de voir qui est intéressé par le projet. Une fois que j’ai récolté les candidats, je sors la liste des personnages et j’essaie d’associer quelle drag pourrait interpréter qui. L’étape d’après est de déterminer quelle chanson pourrait convenir, par les paroles, mais également par la musique, le beat, etc. Là, on peut s’amuser à trouver des tournures à des chansons auxquelles on n’aurait pas pensé.

3. Est-ce que le fait que tu oeuvre dans le milieu de la drag a joué sur les moyens de tes ambitions?

Je prends mon temps pour avancer. Je me demande où je pourrais être plus tard. Ce que je veux un jour, c’est simplement vivre de la création car je ne sais pas faire autre chose. Mon esprit est trop éparpiller, j’ai besoin de ma liberté. Je suis un touche-à-tout. Je ne suis pas qu’une drag, je ne suis pas qu’un improvisateur. Ce que je veux, c’est d’être toujours impliqué dans la création, qu’elle vienne de moi ou des autres. C’est ce qui m’intéresse. Actuellement, c’est ce que la drag me permet de faire. Pour ce qui est intéressant, c’est le personnage, ce qu’on peut en faire. Ainsi, je peux être un vieille, une jeune, un animal, une plante. C’est ce que j’aime le plus du métier en ce moment. Mise à part l’aspect financier, lorsque je réussis à soustraire ce genre peur-là, j’aime ma vie. Je suis heureux de la vivre. Je suis vraiment stimuler par ce que je fais.

4. Comment arrives-tu à synthétiser ce que tu mets en scène?

D’abord, tu essais de comprendre. Si on prends Le coeur a ses raisons, je me suis tapé la saison 1 au complet. Après avoir regardé les épisodes, je les ai transférés sur mon ordinateur seulement avec le son. À partir de là, tu écoutes et réécoutes puis tu arrives à déterminer ce qui est intéressant tout en respectant le texte et la logique de l’histoire. On s’entend que l’émission a 13 épisodes d’environs 20 minutes chacunes. Le spectacle tant qu’à lui durait 1h45. Il était évident qu’on ne pouvait pas tout garder. Dans l’optique d’une lecture publique, il y a plusieurs éléments comiques, dans ce cas-ci, qu’on ne pouvait malheureusement pas garder. Dans le cas d’American horror story par exemple avec laquelle on a condencé chaque saison en 20 minutes de spectacle, tu essais de déterminer qui sont les personnages principaux et de retenir leurs lignes importantes à eux. Une fois qu’on a cela en main, il faut tresser tout ces éléments ensemble. Il fait penser au public aussi qui va venir voir le spectacle. Il doit reconnaître le récit à travers ce qu’on lui présente autant que quelqu’un qui n’est pas familier avec cet univers y voit lui aussi une ligne directrice.
Marla Deer animera la 7e édition de Drag-moi cet automne au Cabaret Mado

On attend la lecture publique de la 2 saison de Le coeur a ses raisons

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