Dossier

Drag race Canada

Depuis 2009, après 11 saisons régulières, l’émission RuPaul’s drag race continue d’attiser l’intérêt. En effet, depuis 2016, l’animatrice et investigatrice de cette télé-réalité d’envergure, RuPaul, a réussi un tour du chapeau en mettant la main sur 3 trophées Emmy en autant de nomination. Nous verrons cet automne si la tendance s’essoufflera… ou pas. L’annonce avait été faite qu’une version britannique verrait le jour, mais nous apprenions plus récemment que la chaîne en streaming Crave de la société Bell Média en collaboration avec Out.TV allait lancer prochainement une version canadienne intitulée Drag race Canada. Pour le moment, nous n’en savons que très sinon que la série se déclinera en 10 épisodes d’une heure. L’identité de la personne qui animera ainsi que les juges n’ont pas été divulgués. L’émission tournée à Toronto sera produite par Blue Ant Studios. Depuis maintenant 4 ans, j’ai la chance de couvrir l’univers du drag à Montréal, c’est pourquoi j’ai décidé d’offrir un petit diagnostic sur les chances qu’ont nos drag-queens locales de trouver leur place dans cette édition pancanadienne.

Avant toute chose, je souhaite que la version qui verra le jour chez nous sache faire la place aux différents types de drag-queens qui s’adonnent à cet art de la scène. La diversité est perceptible et ce serait dommages que la production se limite. Le piège dans lequel elle pourrait tomber est de sombrer dans un faible pastiche de ce qu’est la version originale sans prendre en considération la réalité d’ici et l’effervescente offre qui existe. Comme mon blogue ne ratisse pas aussi largement, je me contenterai de faire la promotion de celles qui proviennent de notre Belle Province car j’espère qu’elles occuperont une place de choix dans cette compétition colorée.

Plusieurs drag-queens établies qui travaillent depuis un bon nombre d’années méritent leur place dans cette compétition. On peut penser notamment à des légendes de la trempe de Michel Dorion ou Manny qui, après plusieurs décennies dans le métier, continuent de parfaire leur alter ego, de se tenir au goût du jour et de prendre des risques. On peut également penser à des piliers tels que Barbada, Tracy Trash et Marla Deer, toutes élues MX Fierté respectivement en 2017, 2018 et 2019. Ce sont des artistes créatives, audacieuses et travaillantes. Les efforts déployés par plusieurs de nos drag-queens afin d’élargir leur expertise au-delà de la scène comme l’ont fait Rita Baga, Miss Butterfly et Gisèle Lullaby avec notamment des productions originales hors de la communauté LGBTQ+ ou encore des chaînes Youtube méritent d’être souligner. Une fois la compétition terminée, on s’attend à ce que leur victoire ne se limite pas qu’à un titre, mais qu’il leur permettre de briser de nouvelles barrières. Ces drags ont déjà mis la table… accueillons le reste des convives. À ce propos, on salue l’annonce de Rita Baga à titre de collaboratrice à l’émission de fin de soirée estivale Bonsoir, bonsoir diffusée à ICI Radio-Canada télé dès le mois d’août ainsi que le passage remarqué de Barbada sur le plateau de Y’a du monde à mess chauffé par Christian Bégin sur les ondes des Télé-Québec.

Il faut aussi miser sur la diversité, permettre notamment à des drag-queens trans bourrées de talent telle que Sasha Baga d’avoir leur place, à des bio-queens qui ne cessent de surprendre comme Velma Jones et Wendy Warhol et même à des drag-kings dont plusieurs sont parvenu à redonner les lettres de noblesse à cette profession. On peut penser à Charli Deville ou encore Rock Bière. Il ne faut pas non plus avoir peur de faire place à des artistes marginaux ou ceux aux univers déjantés à l’image (tellement variée) de Heaven Genderck, Uma Gahd, LaDrag On-Fly, Petula Claque, Gina Gates ou encore Matante Alex. Des drags de relève pour qui leur jeune carrière ne laisse personne indifférente, de Kiara à Aizysse, en passant par Bobépine et Viola von Venom… plusieurs ont leur chance.

Si la version canadienne repose sur la même formule que la version américaine, il ne faudrait pas oublier parmi nos drags celles qui font preuve de polyvalence en s’adonnant à la coiffe de perruque ou à la confection de costume. Il nous faudrait alors des Peach, Ruby Doll ou Érica pour challenger les autres concurrentes avec des créations renversantes.

Si l’on s’intéresse à la polyvalence sous un autre angle, on pourrait le voir aussi du côté des talents artistiques divers que peuvent avoir les drags. Dans cette optique, on peut penser à des drag-queens comme Gabry Elle qui chante, ayant même été de la récente saison de La Voix à TVA, comme Rainbow qui fait flirtent avec le cirque et le burlesque ou encore Scarlett Business, une contorsionniste.

Différents défis de la populaire émission comme le traditionnel Snatch game, dont la formule a trouvé refuge jusqu’à la Fête Arc-en-ciel de Québec, nécessite d’avoir des drag-queens pour qui la comédie est une seconde nature. Les style d’humour sont tellement variés qu’on peut penser à bon nombre de nos drags telles qu’Anaconda La Sabrosa, Bambi Dextrous, Darleen, Kelly Torrieli, Kitana, Prudence, Sandy Hart et j’en passe.

Nous avons également un bassin de drag-queens qui provoquent « l’effet wow » dès qu’elles posent le pied sur scène que ce soit par leur makeup, leur prestance ou la magnificence de leur costume. En ce sens, je pense notamment à des drag-queens telles que Phoenix Vyxen, Krystella Fame, Adriana ou encore Peggy Sue.

Bref, je tiens à réitérer que je souhaite toute l’ouverture qui s’impose dans cette compétition… les drag-queens mentionnées précédemment ne sont que des exemples. Il y en a tant d’autres qui auraient leur place. Je ne suis pas la police du talent. MX Fierté et Drag moi all stars, notamment, ont démontrés qu’un contexte de compétition arrive à changer la donne et surprendre. Afin de ne pas influencer le regard que je pose sur nos drags locales, je ne suis pas intéressé plus qu’il ne le fallait au phénomène RuPaul’s drag race. J’ai toutefois accordé à ce qui se fait ici tout l’intérêt qui soit… ce dont je fais mention dans ce billet, je le pense vraiment. Quel que soit la représentation des drag-queens québécoises dans cette adaptation nationale, je serai à l’écoute.

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