Mx Fierté Montréal 2019

Finale – Mercredi 15 mai

C’était le mercredi 13 février dernier que s’amorçait l’édition 2019 de MX Fierté Montréal, le plus grand concours de drags au Canada avec plus de 10 000$ en prix incluant une confection sur mesure signée Jonathan Grandolfo, une perruque en vrais cheveux gracieuseté de Martin Alarie, un shooting photos offert par Jihef Portelance, un certificat-cadeau d’une valeur de 350$ à la boutique Mistr Bear, une sélection de trois pairs de lentilles cornéennes par Primal contact lenses, une sommes en argent de 2000$ et, surtout, un voyage en Grèce dans le cadre de l’assemblée annuelle des Fiertés lors de laquelle Fierté Montréal fera le tout pour le tout afin d’accueillir la World Pride chez nous en 2023. À l’issue de 8 semaines de qualifications, deux demi-finales et une finale haute en couleurs, c’est Marla Deer qui fut élue comme MX Fierté Montréal par le panel de juges composés de la juge permantente Nana, Michel Dorion, Éric Pineault, Jean-Sébastien Boudreault, Jonathan Grandolfo, Martin Alarie, l’animatrice et chroniqueuse Valérie Roberts ainsi que la drag-queen de RuPaul’s drag race Jiggly Caliente. La soirée fut scindée en plusieurs segments dont un numéro de production original, la présentation d’un talent, un défilé et un discours de remerciement. La finale fut également ponctuée de numéros dont l’un offert par Jiggly Caliente en ouverture de spectacle puis par les lauréates des précédentes éditions, Barbada (2017) et Tracy Trash (2018). Je vous invite à replonger danss cette finale en mots et en images grâce à la lentille de Bruna Florio.

 

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L’animatrice Valérie Roberts, qui collabore notamment à l’émission du retour à la maison Le clan MacLeord sur les ondes du 96,9 CKOI à Montréal, a accepté de revenir avec moi sur son expérience comme juge invitée pour cette finale. Ce que Valérie a apprécié comme spectatrice, mais qui s’est avéré un couteau à double tranchant en tant que juge, est la variété des propositions et que chacun des finalistes avaient une personnalité claire observable sur scène. On a souvent dit d’elle depuis le début de sa carrière qu’elle est un fille « unique et audacieuse ». C’est là-dessus qu’elle s’est basé afin de définir son top 3. En acceptant l’invitation de Rita Baga à titre de juge, Valérie s’attendait à passer une belle soirée et d’être impressionnée… elle fut servie. Elle a reçu cette soirée avec beaucoup d’ouverture. Elle y a d’ailleurs découvert les drag-kings en la personne de Rock Bière.

 

ROCK BIÈRE

Depuis la création du concours par Rita Baga, chapeauté par Fierté Montréal, Rock Bière est le premier drag-king à atteindre la finale. Rock Bière continue ainsi à marquer l’histoire après avoir également été le premier drag-king couronné à Drag-moi l’automne dernier. Malgré son jeune parcours, le passage de Rock Bière dans le paysage du drag montréalais ne passe pas inaperçu. Dans cette optique, son choix de livrer un numéro relatant le parcours de son alter ego à travers un large registre musical allant de Born to be wild à It’s my life, en passant par Fight for your right, pretty fly, Take my breath away, takin care of business et Don’t trust me, I’m a liar était un choix tout à fait approprié. Pour ceux et celles qui suivent son parcours auront reconnu certains clins d’œil dont son étroite relation comme mari et femme avec Tracy Trash. Le numéro fut entraînant, coloré, drôle et savoureusement divertissant. Pour son talent, Rock Bière a misé sur la comédie en s’autoproclamant « péteur de yeules ». Il a alors lancé le défi au public si quelqu’un voulait se mesurer à lui… c’est alors que s’amène sur scène un colosse personnage a qui a donné lieu à un cocasse scène de combat.

 

GISÈLE LULLABY

Après consultation, Gisèle figurait certainement parmi les favorites de la soirée. Sa proposition sur les chansons Toxic et Survivor d’après les cover de l’équipe de compositeurs 2WEI donnait un nouveau souffle à ces pièces maintes fois revisitées. Accompagnée de 6 danseurs, Gisèle s’est imposée sur scène grâce à une chorégraphie qui habitait la scène. Son costume d’un rouge flamboyant, qui faisait référence à Carmen Sandiago, épousait parfaitement l’intérêt marqué de Gisèle pour la mode en plus d’attire tous les regards sur elle. Son talent orienté autour de l’imitation de sons étaient particulièrement savoureux, notamment la reproduction du son de la bouilloire en ébullition. Gisèle présentera la jeudi 23 mai prochain au Cabaret Mado son spectacle 10ème anniversaire consacré à Marie-Mai.

 

SCARLETT BUSINESS

Scarlett fut non seulement l’une des révélations de ce concours, mais également dans le milieu du drag à Montréal. Scarlett a non seulement décroché la seconde place du podium, mais a également reçu le prix coup de cœur du public, une nouveauté cette année, ce qui lui a permis de mettre la main sur une passe VIQ d’une valeur de 1000$ pour toute la durée de Fierté qui s’échelonnera cette année du 8 au 18 août. Scarlett a réussi offrir un numéro où son expertise issue du cirque et celle du drag étaient parfaitement complémentaires. La salle était majoritairement composée d’amis et artisans du Cirque du Soleil pour lequel elle travaille venus l’encourager. Ceux-ci lui ont réservé un accueil chaleureux et une ovation debout. Pour son talent, Scarlett a misé sur un autre de ses atouts provenant du cirque, soit un numéro de contorsion entremêlé de cerceaux. Sans doute un talent qui l’aurait éloigné du cirque pour témoigner d’un autre registre lui aura sans doute permis de décrocher la victoire. Quoi qu’il en soit, pour une drag-queen qui débute, son parcours est plus qu’exceptionnel.

 

KELLY TORRIELI

Au lendemain de la finale, Kelly a senti le besoin de justifier son choix de mise en scène car elle a affronté cette dernière étape seule. Dû à la nature du concours, l’une des contraintes cette année impliquait de faire le premier tour seul, sans décor ni accompagnateurs. Kelly aura la seule à franchir toutes les étapes de cette façon. Si jusqu’ici cela lui avait été favorable, on ne pourrait lui reprocher de l’avoir fait à nouveau pour la finale. Kelly s’est attaquée à la pièce emblématique du répertoire de Lady Gaga Million reasons dans une interprétation intense et émouvante comme si elle portait la chanson en elle. Je salue son tour du chapeau en solo sur scène. Comme talent, Kelly a décidé de faire des raviolis sur scène. Une sage manière de rire du slogan qui la suit depuis les dernières années, « Kelly Torrieli, comme les pâtes, mais pas pareil ». Ajoutons à cela que la personne qui est monté sur scène pour l’aider est la juge invitée Valérie Roberts… la conjointe du chef Martin Juneau.

 

KITANA

Après une absence lors de la dernière édition, Kitana est revenue en force, faisant d’elle la seule drag-queen à avoir accédé à deux reprises à la finale. Kitana a ouvert son numéro avec une vidéo à visage découvert de l’homme derrière le personnage. Cette vidéo donnait le ton sur l’approche qu’allait prendre le numéro sur la pièce Big god. Kitana était accompagnée de 6 danseurs, d’abord voilée d’un tissu blanc opaque, accordant à la mise en scène un aspect céleste, avant de se dévoiler. Malgré le thème abordé, le numéro semblait quelque peu décousu dû à la chorégraphie. Lorsque Kitana est revenue pour présenter son talent, un stand up, le public ne semblait pas réceptif à sa proposition. Les rares éclats de rires sonnaient plutôt jaunes, ce qui n’a certainement aidé. Kitana reprend dès mercredi prochain, le 22 mai, l’animation de ses soirées Top or bottom aux côtés de Barbada au Cabaret Mado.

 

MARLA DEER

Le passage de Marla Deer peut aisément se résumer par une montagne russe d’émotions. Elle fut rescapée des demi-finales grâce à l’agitation du public sur les médias sociaux suite à son éviction de la compétition. Lors de la seconde demi-finale, Rita Baga revenait sur sa décision d’une finale à 6 candidats en raison, la veille, d’une trop grande proximité dans les votes du public pour ne faire passer qu’une seule personne. Ainsi, pour les deux demi-finales, les juges et le public pouvaient chacun déterminer deux finalistes pour un total de quatre par demi-finale. Pour son numéro gagnant, Marla a proposé une fable « anti-princesse » sur la chanson I’m a good person jusqu’à la rébellion des villageois, exténuer de son comportement rétrograde. Le numéro glisse alors sur les airs de I’m the vilain in my own story pour culminer sur une morale, un classique des contes de fées. Fidèle à son habitude, Marla a misé sur la comédie et un nombre record de figurants. Pour son talent, Marla a mis de l’avant son talent de jeu et d’improvisatrice au service d’imitations d’animaux particulièrement comiques. Marla demeure à l’animation des soirées complètement buzzées avec ses complices et BFFs Gisèle Lullaby et Tracy Trash tous les dimanches au Cabaret Mado.

 

SASHA BAGA

Sasha Baga a livré un numéro hyper touchant, relatant son parcours de femme trans. Son numéro s’est ouvert sur elle, faisant face à un miroir. Plus le numéro avançait, plus elle s’émancipait du reflet qui lui faisait face. Après avoir fait monter sur scène une pléiade de personnalités en transition, Sasha est revenue sur scène avec fougue et aplomb en entonnant la chanson This is me. La portée sociale et personnelle du numéro ne pouvait laisser personne insensible. Sasha a poursuivi dans cette veine, plus introspective, lors de la présentation de son talent, où elle a fait la lecture d’un poème portant sur les mêmes thèmes. Avec ce fil conducteur entre chacune des propositions, il n’est pas surprenant que Sasha se soit hissée sur la dernière marche du podium.

 

VIOLA VON VENOM

Viola est revenue en finales avec ce qui avait fait les beaux jours de son parcours dans les précédentes étapes du concours. En effet, Viola a livré un numéro chorégraphié, accompagné de danseurs, incluant des prises de luttes frôlant la cascade. Viola s’est exécutée avec ardeur sur la pièce Boombayah. Boom, c’est sans doute ce qui faisait écho dans le cabaret à l’issue d’une performance de haute voltige. L’ambition et la détermination de gagner se ressentait dans une chorégraphie parfaitement maîtrisée. Pour son talent, Viola a exécuté des manœuvres avec des saïs, ce qui était particulièrement impressionnant et faisait changement des autres propositions.

 

 

C’est officiel, MX ne reviendra pas l’année prochaine. L’équipe de Fierté Montréal se concentre sur la mise en candidature de Montréal pour accueillir la World pride en 2023. Cela aura été une édition riche et surprenante dans une formule revue et corrigée. En espérant que le concours soit de retour dans les prochaines années. Je remercie à nouveau Rita Baga de m’avoir permis ces 3 dernières années de couvrir le plus gros concours de drags au Canada.

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