Entrevue

Hors série | En mode drag: 4 ans déjà

Article signé par Lady Pamplemousse

 

Un blogue en 2019. Pourquoi ?

Il me reste encore bien des aspects à couvrir pour satisfaire pleinement ma curiosité. Mon objectif est d’offrir un point de vue à 360 degrés de la Drag à un certain moment dans la société.
Pour ce qui est du contenu, il peut être appelé à évaluer. Quelle forme prendra-t-il ? Vidéos ? Médias sociaux ? Podcasts ? L’idée sera sans doute d’actualiser l’approche.

 

Qu’as-tu accompli depuis ta première entrevue avec Lady Pamplemousse ?

Cela peut sonner vantard, mais je demeure tout de même fier d’avoir doublé l’achalandage depuis 2016, me permettant atteindre près de 12 000 visites sur mon blogue l’année dernière. Cela représente tout de même une victoire, considérant que je suis le créateur de contenu principal. J’ai également conscience du contenu plutôt niché de mon projet. J’espère humblement que la tendance se maintienne.
Il va sans dire que depuis la couverture de MX Fierté Canada il y a maintenant 3 ans a propulsé grandement la visibilité de En Mode Drag. Certains spectateurs (de MX Fierté Canada) sont là pour encourager leurs amis qui compétitionnent ce qui, de surcroît, attire un nouveau lectorat. On pensera aussi, en termes d’accomplissement, que mon blogue fut placé en 2e position dans le cadre des prix YULORAMA… tout juste derrière URBANIA.
Dans le même ordre d’idée, il convient de souligner que j’ai eu la chance d’avoir de nombreuses collaborations : le youtubeur PL Cloutier, l’ex-hockayeur de la Ligue nationale de Hockey Georges Laraque, l’auteur de la série Cover girl Pierre Samson, le réalisateur de la série Ils de jour, elles de nuit Frédéric Gieling, la comédienne Joelle Lanctôt ou encore la chanteuse gagnante de la 1ère édition de La Voix Valérie Carpentier et même une couverture de la pièce de théâtre Kink (pour ne nommer que ceux-ci !).
Même si certains articles, disons-le franchement, ne sont pas parmi les plus courus sur le blogue, ce sont des étapes clés que je désire mettre de l’avant et qui, je crois, vont propulser l’expérience En Mode Drag à un autre niveau.
Enfin, j’ai développé différents produits connexes tels que les soirées « En mode drag » se met en mode un drague avec un panel drags invités. Cet événement a vécu ses débuts au Centre Communautaire LGBTQ+ sur la rue Plessis et, depuis l’automne 2019, au cabaret Mado. La formule est simple et s’inspire de talk-shows traditionnels avec 2 à 4 invités où le public a l’occasion de poser des questions en plus d’être diffusée en Live Facebook. La soirée est ensuite relayée sur le blogue pour ajouter au contenu existant. C’est une façon de répondre à une audience plus large qui a moins tendance à visiter les blogues ou de faire la lecture.

 

La mission et l’objectif de En Mode Drag: est-ce que ça l’a changé depuis son lancement ?

Non. Au contraire, sa mission s’est davantage concrétisée avec les dernières années. Dans le sens ou quand mon blogue a commencé, RuPaul Drag Race n’était pas un phénomène aussi connu. Aujourd’hui, la télé-réalité est énormément citée dans la majorité des articles qui paraissent dans les différents médias. Même lorsqu‘elles (les Drag-Queens) sont sollicités par les étudiants qui rédigent des travaux, RuPaul Drag Race est mentionné.
En Mode Drag c’est de légitimer la Drag comme une forme d’art. Renforcer l’idée sur la Drag locale et la diversité d’ici. Il y a une distinction à établir entre l’image promue par une téléréalité et le répertoire offert par les drags lorsqu’elles performent en personne dans le cadre d’un spectacle ou d’une tournée. Pour connaître la vraie scène Drag, on doit pousser notre curiosité dans les bars (lieux d’origine de ces mesdames et messieurs !) pour comprendre davantage la complexité et les différentes palettes de style que peuvent offrir ces artistes.
Considérant que ce n’est pas tout le monde qui peut assister à toutes les représentations, En Mode Drag se veut une vitrine qui capture les grands moments et les réalités que chacune (et chacun !) d’entre elles partagent. L’idée ici n’est pas de diaboliser et de ternir les bénéfices de RuPaul Drag Race. Depuis les débuts de RuPaul Drag Race, les établissement qui présentent des spectacles de drags ont proliférés, notamment avec l’ajout du District Vidéo Lounge dans le village. Et ce, sans compter les espaces à l’extérieur du Village qui inclus notamment le Café Cléopâtre, le Bain Mathieu et le Wringle Room. Les opportunités se sont plus vastes qu’elles ne l’étaient.
Donc, pour répondre à la question, ma mission demeure la même : prouver que cette forme n’est pas exclusive au bar et peut s’exporter. Sortir au-delà du corporatif et du mariage. De nouvelles opportunités s’offrent à la Drag : Barbada qui fait la lecture publique pour les enfants, des drag-queens à la télévision (Guerre des clans, Ils de jours, elles de nuit, Deux hommes en or) ou encore la place du drag dans la culture avec la présence de Rita Baga à la revue culturelle de Radio-Canada.

 

À quoi s’attendre sur en mode Drag en 2019 ?

Mes soirées questions et réponses se poursuivent jusqu’au printemps 2019. Elles ne se poursuivront pas car le concept migrera vers le podcast à partir de l’automne prochain.
Enfin, j’ai un projet de livre qui demeure dans la trame de fonds. De plus, j’ai débuté une collaboration avec LGBT in the city qui me permet de parler de la Drag sur un ton plus candide. Le but est de promouvoir les Drags d’ici ainsi que leurs projets, ce qui supporte la mission que je me suis donnée.

 

Ludivine Grey/Philippe Caouette est le fondateur du blogue. Mais, de source sûre, tu n’es pas le seul à maintenir le site web ? Quel aide as-tu reçu ?

Depuis la création du blogue, plusieurs collaborations sont à noter, particulièrement :
– Karine Chami : expérience utilisateur du site web et le design.

– Catherine Pépin : affiches promotionnelles et médias sociaux.

– Laurence Soucy : infolettre (projet en développement) et relations avec les médias.

– Sophie Viau : logo du blogue.

–  Jihef Portelance: a prêté l’une de ses photos phares pour la couverture de la page d’accueil du blogue et a contribué au premier concours du blogue qui permettait àa une drag-queen de remporter une séance photos.

– Geneviève Plante & Bruna Florio: Couverture photos de MX Fierté Montréal.

-Vincent Poirier: Collaboration mutuelle pour nos projets respectifs. Photographe lors de la levée de fonds 2018 et pour le portrait de Connie Lingua.

– Yankel Lerner: Derrrière la naissance des soirées « En mode drag » se met en mode drague.

– Steve Poitras: D’avoir accepté une levée de fonds avant même que le projet ne soit né, ce qui a concrétisé les procédures pour lancer En mode drag.

– Et bien sûr, toutes les drag-queens, drags king et proches collaborateurs du milieu !

 

Comment se porte Ludivine Grey ?

Elle se rase une fois par année (rires). Plus sérieusement, elle est une apparition annuelle. Une étoile filante. On va la revoir pour la collecte de fonds c’est certain ! Force est d’avouer qu’elle doit travailler sur son maquillage. Enfin, avec du recul, elle ne se sent pas obligée d’être une artiste de performance. Elle risque d’évoluer davantage vers un personnage médiatique…à suivre.

 

Pour conclure, après quatre ans de blogue, quel avenir pour la performance drag ?

Ce serait présomptueux de prétendre tout connaître et tout savoir du futur de cet univers. Le blogue est sur une belle lancée. Il y a de plus en plus de relève, que ce soient des expressions éphémères, mais celles qui se lancent le font avec beaucoup d’intensité. Elles arrivent déjà avec des bases grâce aux médias sociaux (YouTube, Instagram), ce qui offre beaucoup d’espaces à la pratique et à l’exploration avant d’en faire un style ou une performance plus concrète. Ainsi, elles vont déjà chercher un bassin de fans.
Cela apporte du challenge pour les drags plus établies. On ne peut plus tenir pour acquis ce qu’on faisait auparavant. MX Fierté est un bon exemple. Il y a plus de nouveautés et de diversité. Le milieu demeure contingenté et il faut alors faire évoluer son style constamment.
Je peux terminer sur une question un eu plus philosophique : jusqu’où on est prêt au Québec de laisser une place à la Drag dans l’espace public ? À quand une émission de Radio ou de Télé animée par une Drag ? Les gens sont prêts, selon moi.
Ultimement, l’art de la performance drag va sortir du night life pour aller rejoindre les autres branches artistiques. Néanmoins, leur lieu primaire demeurera les bars.

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