Dossier

La représentativité des drags dans les médias

Depuis l’éclosion de RuPaul’s drag race ces dernières années, les drags arrivent à occuper une place plus importante hors des bars. Barbada est l’une de celle qui, dernièrement, a eu le plus la chance de représenter la communauté du drag dans les médias. Malgré sa notoriété locale, celle de la communauté LGBTQ+ et du village gai de Montréal, propulsé entre autres par sa participation au docu-réalité Ils de jour, elles de nuit et sa victoire à MX Fierté Canada, c’est surtout pour sa participation à L’heure du conte dans les bibliothèques municipales qui l’a notamment menée sur le plateau de 2 hommes en or aux côtés des animateurs Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord. Outre cette entrevue, Barbada a également participé à plusieurs projets dont un segment à l’émission Format familial, des participations à ICI Première ainsi que des collaborations aux podcasts du youtuber PL Cloutier. D’après les expériences médiatiques de Barbada, j’ai voulu approfondir avec elle ce qui, à son avis, encourage les médias à vouloir maintenant faire appel davantage aux drags.

Même si c’est la lecture de contes aux enfants qui a intéressée l’équipe derrière 2 hommes en or, Barbada demeure grandement impliqué dans des projets hors des bars. Elle anime notamment des mariages, des anniversaires et autres événements en contrats privés. Cet été, par un heureux concours de circonstance, Barbada a croisé la route de la sœur de Robert Lepage, ce qui lui a permis de se retrouver à travailler tout l’été aux Grands feux Loto-Québec.

Barbada est d’avis que c’est ce genre d’occasions qui vont permettre aux drags de s’illustrer dans les médias. Malheureusement, les spectacles à grand déploiement opérer par une drag-queen comme c’est souvent le cas au Cabaret Mado et au bar le Cocktail, ce n’est pas ce qui attire l’œil des médias. Le moment de l’année où les drags sont le plus mis de l’avant est lors de Fierté grâce, notamment, au spectacle-événement Illusion et la course capotée. Ayant réussie de s’extirper des bars, Barbada a su trouver une façon de s’illustrer en dévoilant l’art du drag sous un nouvel angle.

Mado, Jimmy Moore et Barbada sont parmi celles à s’être risquer à présenter un spectacle dans une grande salle, le Gèsu, pour ne pas la nommer. Michel Dorion a même déjà présenté un spectacle hommage à Céline Dion à la Cinquième salle de la Place-des-Arts. On peut compter également Rita Baga qui n’a jamais eu peur de voir grand. Il y a quelques étés, elle présentait un spectacle de personnification au Monument national dans le cadre du Zoofest. Il s’agit dans tous les cas d’occasions idéales pour attirer les médias. Dans ce même ordre d’idées, Rita Baga présentera un nouveau spectacle, Les reines de Noël, réunissant une pléiade de nos drag-queens locales, en tournée à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau et Rouyn-Noranda du 5 au 16 décembre. Je souhaite ardemment qu’un projet aussi ambitieux qu’une comédie musicale écrite par une drag-queen, interprétée par des consœurs et qui accueille un band sur scène vienne attiser la curiosité des médias.

Il est vrai qu’il est dommage qu’on ne cherche pas davantage à démystifier l’art du drag dans sa forme primaire, d’où elle est née, mais qu’on s’attaque plutôt vers où elle s’en va. Dans l’œil du public, plus largement, cela causera une certaine incompréhension et viendra sans doute nourrir les préjugés. Lorsque le Journal de Montréal a relayé l’information selon laquelle une drag-queen allait faire la lecture de contes à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, les gens se sont mis à se ruer de commentaires désobligeants sans même jamais avoir assisté à la séance, mais surtout par préjugés stéréotypés faute de connaissances.

Une institution aussi importante que la BAnQ ne ferait pas appel à une drag-queen sans être en connaissance de cause. Barbada jouit d’une crédibilité du fait qu’elle soit enseignante au primaire et délégué syndical sous ses traits de « lui ». Au lieu de s’insurger face aux grands titres d’un média, le lecteur devrait aller plus loin et comprendrait mieux. Son parcours professionnel fait de Barbada une oratrice incroyable, capable d’articuler sa pensée, nuancer ses propos et s’exprimer fièrement. En ce sens, l’entrevue de Barbada a 2 hommes en or mérite qu’on y jette un œil.

Barbada n’est pas la seule drag-queen qui sache rendre justice à cet art de « l’ombre ». Grâce à ces personnes, l’art du drag trace tranquillement son chemin vers la lumière et bientôt, espérons-le, il ne sera tabou qu’envers ceux qui ne désirent véritablement aucune ouverture. D’ici là, il faut continuer à encourager nos drag-queens locales, et pas seulement lorsqu’elles sortent des bars. Il faut mentionner que tous ce qui fut énuméré précédemment n’est qu’à titre d’exemples et ne représente qu’un échantillonnage de tout ce qui est proposé.

 

Barbada sera de toute la tournée Les reines de Noël.

Elle anime tous les jeudis aux côtés de Gabry Elle la soirée Big, black and beautiful au bar Le Drague de Québec

Elle anime un samedi par mois Drôle de drags au bar le Cocktail.

 

Pour voir l’entrevue de Barbada à 2 hommes en or

Pour voir le segment de Barbada à Format familial

Pour voir les collaborations de Barbada aux podcasts de PL Cloutier

Pour suivre Barbada sur les médias sociaux : Facebook & Instagram

Pour en savoir davantage sur Barbada, visitez son site internet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s