Entrevue

Kitana

Cela fait maintenant près de 10 ans que Kitana fait sa marque au sein de la communauté du drag à Montréal. Reconnue pour son humour grinçant et corrosif, Kitana n’est pas une drag-queen qui passe inaperçue. Cela lui aura pris quelques années avant d’assumer cet aspect du métier, ou du moins, sa manière singulière de le pratiquer. Dans cette série d’entrevues dans lesquelles toutes les facettes du métier seront décortiquées, j’ai voulu aborder la comédie avec l’une des maître de l’humour chez nos drags locales. Je vous invite à découvrir le compte-rendu de mon entrevue avec Kitana.

Pour Kitana, c’était clair depuis le début que ce qui allait jalonner sa carrière comme drag-queen était la comédie. Elle considère d’ailleurs que la comédie représente la base de leur métier. Elle a rapidement établit la comédie comme étant sa zone de confort. Un confort qu’elle transpose dans l’ensemble de ses numéros car, même si l’un de ceux-ci peut s’avérer plus sérieux, pour Kitana, ce n’est pas naturel. Il doit y avoir impérativement une touche d’humour. Elle affirme même que la comédie est sa marque de commerce. Toutes les drags ont leur je-ne-sais-quoi qui les rend unique, qui leur permet de se distinguer de la masse.

Il va de soi, en début de carrière, elle n’arborait son personnage comme elle le fait aujourd’hui. Lorsque tu débutes dans le métier, tu cherches ta place face à ce qui se semble fonctionner auprès du public. Tu t’inspires de tes consœurs, tu essaies de l’adapter à la personnalité de ton alter ego. Même si Kitana se savait drôle, car elle l’est dans sa vie de tout les jours, elle ne voyait pas de quelle manière elle pourrait transposer cela de lui vers elle.

Kitana n’a jamais eu peur d’oser, de se challenger. C’est en expérimentant qu’elle est arrivée à établir les balises de son personnage. Le moment qui fut le plus marquant, où elle a joui d’une plus grande liberté, est lorsque vint sa première opportunité comme animatrice. À l’instar de l’humour livré dans le cadre d’un numéro, celui en animation impose une forme différente. C’est grâce à la 6ème saison de RuPaul’s drag race diffusée sur écran géant au Cabaret Mado que Kitana a fait ses premières armes comme animatrice. Elle a reçu son défi d’animatrice de manière moins vertigineuse qu’elle ne l’aurait cru dû au fait qu’il y a avait un dénominateur commun, c’est-à-dire le contexte de la compétition. En pouvant s’y référer, le stress était moins important. Elle a donc pu tranquillement incorporé son style et le raffiner de semaine en semaine. Au fil de ses opportunités comme animatrice depuis les dernières années, Kitana a réussi à adapter son animation à son personnage. Même si l’animation est quelque chose qui est en perpétuelle évolution, elle est nettement plus près aujourd’hui d’où elle se projetait qu’à ses débuts. Le point culminant de ce processus d’apprentissage et qui met sans contredit de l’avant sa vision du drag, « ne pas avoir peur », est la soirée Top or bottom qu’elle anime durant la période estivale au Cabaret Mado aux côtés de sa complice Barbada.

Mëme si dans sa vie de tous les jours Kitana se considère comme une personne drôle, son alter ego lui permet davantage de liberté. Cela fait maintenant près de 10 ans que Kitana foule les planches, le public qui la connaît n’est plus surpris par son humour. Elle  ne se cache toutefois pas derrière son personnage à des fins mesquines. Même si Kitana peut être considérée directe, crue parfois, ce n’est jamais dans l’optique de déplaire ou de blesser. Elle arrive à s’ajuster, trouver le ton juste auprès du public en fonction de son énergie et sa réceptivité.

Son prochain défi serait de se lancer dans le stand up. Il y a quelques semaines, à Haus of Baga, la soirée qu’anime Rita Baga tous les mardis au Cabaret Mado, Kitana a pris part à la thématique talent show lors de laquelle elle y est allé d’un numéro d’humour particulièrement efficace. Était-ce une période de rodage ? Seul l’avenir nous le dira. Kitana aborde ce métier pour le plaisir, sans prétention. Cet abandon qui flirte avec la désinvolture lui permet de s’amuser à faire ce qu’elle aime tout en demeurant elle-même.  Le conseil qu’elle donne : « ne pas avoir peur d’essayer d’être drôle ». Même si l’art du drag est d’abord rattaché à l’image, il ne faut pas se limiter. Kitana cite en exemple le concours-école Drag-moi chapeauté par Marla Deer, qui, à chaque saison, présente un défi comédie qui s’avère, à chaque occasion, celui le plus difficile, notamment en raison du manque d’abandon et la peur d’être « laide » des participants.

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