Portrait

Démone LaStrange

Laissez-moi vous raconter une histoire. Le personnage de Démone naît d’abord sur papier. Par ses traits de crayons marqués et l’exagération, aux frontières de la caricature, de certains aspects physiques, Démone se révèle, à première vue, comme la vilaine d’une bande dessinée. Or, Démone reflète davantage l’anti-héros, celui qui cherche à extérioriser une souffrance passée. Victime d’une enfance bafouée, Démone avait tout à reconstruire. Ce personnage est arrivé dans sa vie comme un exutoire avant de devenir, carrément, un alter ego.  Ces esquisses qui l’ont vu naître ont disparues, emportées par les flammes de l’enfer desquelles a émergé, tel un phénix, la Démone que l’on connaît aujourd’hui. Cette drag-queen sombre, sensuelle et énigmatique continue de faire son chemin depuis bientôt près de 3 ans. Je vous invite à percer le mystère de son univers singulier.

À lire aussi: Le dossier L’art du drag sans âge avec Démone LaStrange, Néon, Sally-D & Wendy Warhol.

C’est en regardant le film culte La cage aux folles que Démone s’éveille au spectre LGBTQ+. Elle a eu la chance d’en discuter avec sa mère qui a eu la bienveillance et l’ouverture d’aborder toutes ces questions avec elle. Cette époque coïncidait également avec le lancement de la carrière de Lady Gaga. Démone s’est beaucoup retrouvée dans l’approche et l’esthétique de cette diva en devenir. Les cartes étaient maintenant placées pour que Démone puise en elle la confiance nécessaire à aller de l’avant et s’initier à l’art du drag.

L’art du drag lui aura permis de donner vie à son avatar en l’endossant sur scène. Dès ses premiers balbutiements dans cet univers, Démone savait que ce nom lui était indissociable et qu’il l’accompagnerait encore. Le choix qui s’imposait alors à elle était le nom de famille qu’elle s’approprierait. Son choix s’était initialement arrêté sur LaSlave avant d’être adoptée par Rubi Strange et qu’il devienne alors LaStrange. Ce premier nom de famille s’inscrivait en parfaite opposition au prénom Démone qui se voulait fort et imposant. LaSlave sous-entendait une certaine soumission, douloureux héritage de son enfance. En joignant ces deux termes à son nom de scène, Démone révélait incognito tout un pan de sa vie. Il fallait toutefois être au courant de son passé pour faire la liaison. Comme ce n’était pas tout le monde qui le savait, on lui a souvent reproché son choix de nom de famille. Sa réputation dans la communauté drag s’est donc opérée sous l’appellation « la Démone ». Pour elle, il était important que son nom de cène arbore les deux langues officielles puisqu’elle s’exprime avec aisance dans chacune de celles-ci.

Les influences qui ont inspirées son personnage lui viennent notamment de grandes dames du cinéma américain telles que Marilyn Monroe et May West. Par la suite, d’autres figures sont venues alimenter son personnage dont l’iconique David Bowie, Elvira, Mistress of the dark ainsi que toute chanteuse issue d’un groupe heavy metal. Les styles emo et gothique ont également eu un impact dans la définition de son alter ego.

Parmi les moments marquants de sa jeune carrière, on retrouve notamment sa première participation au concours Miss Cocktail. Cette expérience marquait sa première fois dans un bar ainsi que le point de départ officiel dans cet univers. Démone se révélait alors corrosive et insaisissable. Les années lui auront permis de tempérer son alter ego tout en lui permettant de cheminer vers l’artiste que vous pouvez voir aujourd’hui. L’autre moment marquant qu’elle tenait à souligner était sa double participation au spectacle Illusion, mené par Michel Dorion, présenté dans le cadre de Fierté Montréal à l’été 2019. Démone était de la distribution des numéros de la relève et des drags dites « hors village », sous l’égide de Uma Gahd. Ce second numéro l’a à tel point interpellé qu’elle est sortie de scène en larmes. Ce fut la révélation pour elle. C’est à partir de ce moment qu’elle sentit qu’elle était là pour rester. Encore aujourd’hui, lors de ses épisodes de découragement, elle réécoute la captation de ce numéro pour se redonner la force de continuer.

Le confinement nous empêche évidemment de voir nos drags sur scène. Toutefois, Démone s’investit beaucoup sur les médias sociaux et ses récentes séances photos sont un plaisir pour l’œil, à consommer sans modération sur son profil Instagram.

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